Pour appréhender la société de l’information, dont la Journée mondiale est observée ce jeudi 17 mai, Scope a rencontré Christina Chan-Meetoo. La chargée de cours en communication et média évoque les transformations survenues avec l’avènement d’internet et des technologies de l’information et de la communication (TIC).
Une nouvelle période de l’Histoire. Après l’âge des médias, celui des télécommunications et de l’internet. Une évolution qui chamboule la société avec des produits technologiques devenus quasiment des nécessités : accès à internet et téléphonie mobile. Bienvenue dans la société de l’information ! Une société où les individus tendent à être à la fois consommateurs et producteurs d’informations et de produits.
Changement.
Amazon, par exemple, n’est pas qu’un revendeur de livres et de disques, nuance Christina Chan-Meetoo, mais un site qui propose des recommandations par des individus lambda. Ces recommandations poussent un produit en tête de liste lorsqu’un mot-clé est entré.
Le service ajouté importe dans la société de l’information. À l’étranger, des entreprises conversent avec leurs clients pour répondre aux besoins de ceux-ci et, par extension, pour améliorer leurs produits et services. Les plus puissantes au monde aujourd’hui sont celles qui jonglent avec des données, à l’instar de Google, souligne notre interlocutrice.
Par ailleurs, un changement certain est noté dans le mode de communication, avec un téléphone portable dans la poche de pratiquement chaque personne. “Si l’on revient dix ans en arrière, et que l’on avait alors interrogé les gens pour leur demander s’ils avaient un téléphone portable, ils auraient éclaté de rire ! C’était inaccessible, hormis pour des nantis qui exhibaient un gros machin qui, aujourd’hui, ressemble à un truc horrible”, plaisante Christina Chan-Meetoo.
Échanges.
La démocratisation du téléphone portable constitue une révolution. L’accès à internet annihile désormais les frontières et offre une panoplie d’informations. Si vous souhaitez lire Le Monde du jour ou un autre journal, rien ne vous en empêche. Converser avec un interlocuteur à l’autre bout du globe relève presque de l’anecdotique. Un geste aussi banal qu’appuyer sur sa télécommande pour regarder une chaîne française ou sur l’interrupteur pour allumer la lumière. Des avancées technologiques aujourd’hui largement normalisées.
Il est désormais possible, avec le Web 2.0, de publier sa propre information et de la disséminer à travers le monde en quelques clics. Internet permet d’accélérer les échanges d’informations, ce qui peut contribuer à une révolution comme le Printemps arabe ou encourager la futilité avec des échanges sans réel intérêt sur Facebook. Christina Chan-Meetoo souligne les possibilités offertes, en comparaison avec les technologies anciennes comme la radio et la télévision. “Internet est multidirectionnel. C’est une explosion de possibilités. On peut y faire du bien, du mal, ou tout ce que vous voulez.”
Démocratie.
La société de l’information n’est pas une démocratie participative où des citoyens se donnent rendez-vous sur le web ou sur des réseaux sociaux. Ce qui n’empêche pas qu’internet soit le média des masses, avec le Web 2.0 ou encore le journalisme citoyen. “C’est un monde en constante évolution; une tendance vers davantage de démocratisation et de prise de pouvoir. On se rend compte que progressivement, les grandes élections qui se sont déroulées sont en train d’être façonnées par le monde d’internet. Ce n’est pas un hasard que la première interview officielle donnée par François Hollande ait été à un site web (N.D.L.R. : slate.fr).”
D’autre part, on se rappellera que Barack Obama est allé encore plus loin lors des présidentielles américaines de 2008, répondant sur Twitter aux questions les plus fréquentes qui lui étaient posées. Un procédé démocratique à laquelle s’est ajoutée une levée de fonds à travers son site de campagne. Ce fut une innovation dans le domaine du financement politique.
À Maurice, ce n’est un secret pour personne que Facebook est LE réseau social du moment. On note pas mal d’échanges liés notamment à des sujets politiques et des questions d’intérêt public, ce qui élargit l’espace démocratique. C’est aussi un réseau dans lequel on peut trouver du grand n’importe quoi ! C’est peut-être aussi cela, la société de l’information…