Des membres de la Société mutuelle de prévoyance réclament le gel d’une importante somme d’argent, qui représenterait leurs se trouvant actuellement sur le compte bancaire de la gérante. Ces derniers comptent enclencher des procédures judiciaires pour réclamer le gel de cette somme ainsi que l’émission d’une “interdiction to departure” contre la principale concernée.
Des membres de la Société mutuelle de prévoyance ont expliqué au Mauricien qu’ils craignent que la gérante de ce secours mutuel, une dénommée A.M., « dilapide les fonds des membres, qui ont contribué pendant de longues années ». D’où le recours à la justice pour réclamer qu’une somme de Rs 2 M en dépôt fixe soit gelée en attendant que la cour statue sur cette affaire. La Société mutuelle de prévoyance a fait couler beaucoup d’encre en 2015 et ses membres reviennent à la charge cette année pour enclencher des actions judiciaires. Selon eux, une trentaine de demandes de remboursement des allocations en cas de décès n’ont pas été effectuées.
La Société mutuelle de prévoyance a été fondée en 1919 par la famille Loumeau avec, pour objectif principal, de payer une somme prédéterminée aux familles de membres défunts après avoir récolté les contributions annuelles des membres selon des critères établis. Suite au décès d’un des descendants de la famille Loumeau, la gestion de la société est passée temporairement à un certain F. M., qui devait informatiser les comptes des membres. En 2011, la gestion a été confiée à la dénommée A.M., qui s’était présentée trois ans auparavant comme une employée d’un ministère. Du 1er décembre 2011 à ce jour, A.M. assure la gestion de la Société mutuelle de prévoyance, dont le siège social est situé au 6, rue Dumas, Port-Louis.
Lors du “handing over”, une somme de Rs 3,5 M – représentant le montant appartenant à la société et provenant des contributions des membres – a été versée sur le compte personnel de la gérante actuelle, car la société, n’étant pas enregistrée, ne dispose pas de compte bancaire. Dans un affidavit juré en Cour suprême, des membres de cette société de secours mutuel ont soutenu que la gestion de la société à A.M. a été faite sans leur consentement. « Aucune décision collective n’a été ratifiée à cet effet par les membres lors d’aucune assemblée générale », soutiennent-ils. Selon ces derniers, A.M. n’aurait pas convoqué d’assemblée générale pour informer les membres après la passation de pouvoirs. Dans leur affidavit, ils pointent du doigt le fait qu’ils n’ont jamais été tenus au courant de la situation financière de la société et dénoncent un « manque de transparence » dans la gestion la société de secours mutuelle.
Les membres, qui contestent le choix de A.M. comme gérante de la société, expriment leurs réserves au sujet de la survie de la société. Ils ont sollicité la Cour suprême en vue d’obtenir une injonction pour l’émission d’un “restraining order” à l’encontre de la gérante, et qu’un ordre soit émis afin que celle-ci restitue tous les documents et informations appartenant à la société, y compris l’argent de la société versé sur son compte personnel.
L’affaire a été appelée à nouveau en chambre en mars 2014, où un accord verbal avait été convenu à l’effet que celle-ci restituerait la gestion de la Société mutuelle de prévoyance à une association enregistrée. C’est dans cette optique que la société d’Entraide Funéraire a vu le jour en mai 2014 avec, comme objectif, « d’accorder des allocations funéraires pour les décès de ses membres et de leurs dépendants approuvés ».
Les membres de la nouvelle société, qui se rencontrent de façon régulière tous les vendredis de 9h30 à midi au centre social Marie Reine de la Paix, sont suspendus à la décision de la cour sur cette affaire. Selon eux, la dénommée A.M. n’aurait pas respecté l’engagement verbal, probablement « taking undue advantage of the fact that the afore said agreement/undertakng was not recorded in the judment ».