Avez-vous remarqué que le moonwalk, ce fameux pas de danse, qui consiste à reculer en donnant l’illusion d’avancer, rendu célèbre par Michael Jackson, est de nouveau en vogue ? Nous avons aujourd’hui une nouvelle génération d’experts en « moonwalking », avec la différence qu’ils ne sont pas issus de quelque école de danse mais de L’ENA, Sciences Po, EBS, ou Harvard.
Après leurs (des) ordres mondiaux d’abord militaires puis politiques post-guerres mondiales, dans le seul but de s’assurer des sources pétrolifères abondantes, leurs différentes tempêtes du désert ont finalement joué contre eux, sans compter les vies ôtées et brisées de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui n’avaient rien demandé. Grâce à leurs maladresses, des nations ne sont plus gérées par un seul dictateur mais par plusieurs ; ces groupes islamistes qu’ils soutenaient ou soutiennent encore, allez savoir. Plus rien ne m’étonne de ces gens-là. Après la guerre froide, place au printemps arabe. Ensuite, voilà l’occident dépourvu par la bise venue d’un cours du pétrole trop bas et par une immigration qu’ils ne peuvent contenir car leur Eldorado prend plus l’eau que les radeaux. La solidarité européenne restée utopique, l’Eden occidental n’est qu’un souvenir. Qui l’avait prévu ? Personne n’ayant droit de parole ; s’il y en avait un qui avait osé, il aurait été mis sous silence… et sur écoute. Moonwalk vers l’ère post-coloniale.
Ces auto-éblouis dirigent nos pays, gèrent les plus grandes institutions financières, décident de ce que nos enfants ne doivent plus apprendre à l’école, se font et se défont d’amis dictateurs, tantôt héros, tantôt bandits, les « Banis » deviennent des bannis. N’étant pas parvenus à s’approprier du caviar d’Iran ou de Russie, les voilà s’attaquant à la tapenade. Dégraisseurs de la Grèce, ce pays d’azur saigné à blanc a dû tourner au rouge. De quoi faire la mère Kel broyer du noir ; soutenue par ses bons Aryens qui auraient oublié l’effacement de la dette allemande de 1953, poussant ainsi Alexis dans les bras de Vladimir. Moonwalk vers la guerre froide.
Pour les amateurs de fromage pasteurisé, il ne s’agit que de resserrer le « Garlic belt » sans hésiter de mettre leurs alliés sur écoute de peur qu’il y ait trahison dans l’air. Ne disons rien, c’est « Big Brother… » Moonwalk vers l’après-guerre.
La France, elle, rajoute une couche. Pour elle aussi la civilisation gréco-romaine ne serait qu’un (autre) « détail de l’histoire », envoyant au rancart le Latin et le Grec à l’école, déracinant ainsi sa francophonie chérie et sa civilisation pour donner une chance aux néo-Francais, qui la détestent ouvertement, de passer leur Bac en séchant les cours. Rien à perdre, il n’y a aucun poste de prévu pour eux de toute façon. La France soutient l’Europe mais fait campagne pour consommer Français. Moonwalk vers le protectionnisme.
Alors que l’on sait maintenant que l’élevage est responsable d’environ 18 % des émissions de gaz à effet de serre, et qu’une réduction de la consommation carnassière serait une partie de la solution, à la fois au problème du réchauffement et de l’épuisement de l’eau potable, sans oublier ceux des antibiotiques, hormones et Round-up, pendant que la France subit une sécheresse, M. Grosland demande aux Français de manger de la viande… en arrosant le tout de 600 millions d’euros qu’ils n’ont pas. Moonwalk vers les années (de vaches) folles.
Ne parlons même pas de notre île, restons de bonne humeur ! Mais puisque vous insistez…
Nous avons un ancien et un futur Premier ministre provisoirement inculpés, un DPP qui, aurait trop fait bronzette à l’anglaise, un magicien qui transforme des IRS en Smart Cities assisté de son acupuncteur personnel « ponctuant » là où l’occasion se présente. Les Pailles ou Roches-Noires, c’est du pareil au même. Tiens, je vais mettre un point d’exclamation ! là, au milieu de ma phrase et un ; point-virgule…. là. Nous avons un militaire à l’environnement qui compte bien imposer aux poissons de se reproduire plus vite que ça. La mangrove a intérêt à bien se tenir… elle risque la cour martiale avec pour sentence leur mise à mort pour faire place à un 5-étoiles de plus. Et notre accro du maroquin qui annonce le quatrième projet hôtelier à peine 6 mois après avoir annoncé le gel de tous projets. Pendant ce temps, les hôtels, tous les jours, conservent cette pratique idiote qui consiste à enlever les algues des plages en se demandant pourquoi elles s’érodent aussi vite. Moonwalk vers le Big Bang, le mur de Planck, au temps où il n’y avait pas un soupçon de vie.
Ces grands de ce monde savent tout et ne peuvent donc rien apprendre ; pas des effondrements d’empires anciens, ni des guerres mondiales, ni de leurs échecs colonialistes. Après l’éradication de leurs ennemis sur les continents américain et africain, ils abaissent leurs regards pour surveiller de plus près, ceux qui ne marcheraient pas dans les rangs. Offusqués par un voisin et partenaire qui a bien voulu se faire prendre à l’appât de la dette, par le oui quand son peuple a dit non, par le mythe de la consommation pour créer la croissance, par la fuite en avant orchestrée par des économistes et financiers avançant à tâtons, menant l’humanité vers le gouffre, « sans peur et sans reproche » comme sur l’affiche de ce coiffeur de Curepipe. Ratiboisons les générations futures, après nous le déluge.
Faisons de l’argent avec de l’argent ; c’est tellement simple, imprimons plus de billets, endettons les foyers et les nations, empruntons l’argent et la santé de nos enfants, prêtons contre intérêts à ceux dans le besoin, juste de quoi les permettre de rembourser leurs dettes précédentes et accordons aux autres des taux d’intérêt négatifs, pirouette du marché libre. Nul besoin de richesses réelles, l’argent est un phénomène auto-générant, un four auto-nettoyant pour ceux qui le blanchissent. Et faisons taire tous les Attali et Stiglitz de ce monde qui osent nous dire le contraire.
Ainsi, nous voilà avec des relents de guerre froide lors d’une année où les températures atteignent de nouveaux records caniculaires. Un beau climat pour un barbecue n’est-ce pas ? Grillons une bête, faisons péter les vaches et le champagne avec, dégagez-moi les mangroves de cette vue, arrachez ces arbres que je ne saurai voir et construisons encore et toujours, forons, brûlons, jetons nos ordures à la rivière et nos ennemis en prison. Vivons et laissons mourir.
Ainsi nos dirigeants lors de leur ultime discours avant leur jugement dernier pourront utiliser fièrement ce verbe tout nouveau qui les sauvera, en déclarant : « Nous avons « avanculé ». (La variante « avenculés » s’appliquerait aux communistes, aux artistes, aux alter-mondialistes, aux atterrés, aux athées, aux insurgés, aux prostituées, aux prisonniers, aux drogués, aux philosophes, aux végétariens, aux technocrates, aux Socrates, aux visionnaires, aux clairvoyants, aux méditants, aux mendiants… aux non-influents, aux non-alignés.)