La CIM Finance, en collaboration avec l’Université de Maurice, a lancé, mardi , une campagne de sensibilisation pour sensibiliser la population sur l’endettement et les conséquences liées au surendettement. Selon Peter Grizzell de la CIM Finance, le phénomène de l’endettement prend une ampleur extraordinaire à Maurice.
Peter Grizzell, Customer Accounts Officer à la CIM Finance, explique que l’objectif de cette campagne est de venir en aide surtout aux personnes qui ne savent pas à quelle porte frapper pour rembourser leurs dettes. « Je compte 28 années d’expérience dans le domaine du crédit. La situation dans le pays est alarmante en ce qui concerne l’endettement. La tendance a commencé dans les années 1990 et ça ne fait que prendre de l’ampleur. Nombreux sont les Mauriciens qui sont endettés jusqu’au cou et ne savent pas comment rembourser. D’où l’importance de tenir cette campagne de sensibilisation, ou non seulement nous prévenons la population sur les conséquences du surendettement, mais nous leur prêtons oreille pour ensuite les conseiller », explique Peter Grizzell.
Notre interlocuteur précise que l’endettement touche toutes les couches sociales. « Il ne faut surtout pas croire que ce ne sont que les personnes de la classe pauvre ou moyenne qui sont endettées. Il y a aussi des personnes qui occupent des postes importants, voire même des directeurs des compagnies qui ont des difficultés à rembourser leurs dettes », dit-il.
Qu’est-ce qui explique l’ampleur de l’endettement à Maurice ? Peter Grizzell estime que les Mauriciens ont la mauvaise habitude de copier sur leurs prochains. « Ce problème a toujours existé dans la société mauricienne. Si une personne possède une voiture de la marque FIAT, son voisin, qui est toujours en compétition avec lui, s’achètera une voiture de la marque BMW, même s’il doit emprunter de l’argent pour le faire. Malheureusement, ces gens ne pensent pas aux conséquences », affirme cet officier de CIM Finance.
Par ailleurs, il explique que les gens se laissent berner par les publicités sans se rendre compte qu’ils pourraient se retrouver dans une situation difficile quelques mois plus tard. « Souvent, les magasins affichent des promotions. D’autres ont des stratégies comme “achetez maintenant et commencez à payer trois mois après”. Les Mauriciens ne résistent pas à cette offre, estimant que c’est une facilité mise à leur disposition. Or, quand arrive le moment où il faudra commencer à payer, les consommateurs réalisent que leurs revenus ne suffisent pas. Ceci dit, ils n’ont pas pensé à faire un planning avant d’aller un nouvel article », indique Peter Grizzell.
La campagne de sensibilisation, qui sera menée dans les quatre coins de l’île, visera toutes les couches sociales. « Une équipe de la CIM a été formée pour venir en aide aux personnes endettées jusqu’au cou. Nous devons leur expliquer comment faire face à la situation et comment rembourser les dettes petit à petit. Nous avons démarré la campagne de sensibilisation à Cité La Cure mais nous irons dans d’autres endroits également. Nous ne sommes pas là pour changer les gens ni leur mentalité car nous vivons dans un monde compétitif. Mais, notre objectif est d’essayer de leur faire comprendre les conséquences du surendettement », fait-il ressortir.
Mathiew Lamport, Senior Lecturer en Accounting & Finance à l’Université de Maurice, souligne que l’UoM prend part à cette initiative pour apporter un changement dans la société. « Nous voulons atteindre plusieurs personnes dans la société, dans les écoles et même à l’université. Nous avons un but non lucratif et nous tenons ce projet à coeur. Nous voulons aider les gens. D’ailleurs, à l’UoM, nous menons des recherches sur plusieurs aspects dans le domaine des Finances, dont l’endettement. Nous mettons beaucoup d’emphase sur les problèmes liés à l’endettement », avance le lecturer.
Au niveau de l’UoM, leur mission consiste à travailler en étroite collaboration avec la CIM Finance pour avoir un meilleur impact sur la société mauricienne. « Si les gens empruntent de l’argent ou s’achètent des articles à crédit, c’est qu’ils veulent avancer et progresser dans leur vie. Toutefois, si l’endettement est mal programmé, ils vont alors faire face à une situation de surendettement », prévient-il. « Ce n’est pas un péché de prendre un prêt ou d’acheter un article à crédit. Il faut juste bien planifier, discuter avec le prêteur ou le magasin pour bien négocier sur les modes de remboursement, et s’assurer que vos revenus suffisent pour vos dépenses et rembourser en parallèle vos dettes ».