Un peu plus d’un mois après leur prise de position contre une situation de « souffrance et d’insécurité » dans le pays, les prêtres catholiques des basses Plaines Wilhems ont soumis leur pétition au Premier ministre. Plus de 12 000 personnes ont accepté d’y apposer leur signature alors que de « nombreuses » autres ont refusé par peur de représailles. Les prêtres se disent toutefois déterminés à continuer leur action et invite l’ensemble de la société civile et les autres dignitaires religieux à se joindre à eux.
« Beaucoup de personnes nous ont reproché de faire de la politique ou se sont interrogées sur notre démarche après notre dernière prise de position. Que cela soit clair : nous ne faisons pas de politique partisane. Cela nous est d’ailleurs interdit. Mais nous jouons notre rôle de prêtre et de chrétien en interpellant les institutions », a fait ressortir d’emblée le père Jean-Claude Véder. Selon lui, le prêtre ne peut fermer les yeux sur les problèmes de société, sur la souffrance des gens et la dégradation de l’environnement, par exemple. « Autrement, nous ne serions pas fidèles notre vocation. »
Le père Patrick Fabien ajoute que les prêtres ont la parole libre et c’est pour cela qu’ils sont mieux placés pour parler des problèmes affectant la société et les institutions. Contrairement aux citoyens, qui souvent ont peur de s’exprimer. Cela s’est d’ailleurs traduit devant le refus de certaines personnes de signer la pétition qui a été remise au Premier ministre ce matin. « Si les gens n’avaient pas peur, nous aurions recueilli beaucoup plus de signatures. »
Mais les prêtres ne se disent pas découragés pour autant. Ils sont d’avis que sans une prise de conscience collective, on ne peut avancer. C’est pour cela qu’ils invitent les « religieux et les dignitaires de toutes les religions du pays à joindre leur voix à la nôtre pour réclamer d’urgence un assainissement du climat social et le rétablissement des valeurs humaines et citoyennes de notre pays. »
Depuis leur dernière sortie publique, souligne le père Gérard Mongelard, d’autres scandales et faits divers ont éclaté et qui démontrent une fois de plus que la société va mal. « Comment passer sous silence ce viol atroce d’une petite fille à Rodrigues, ou encore le scandale qui éclabousse le judiciaire et qui met en avant le monde zougader ? » Il se dit aussi interpellé par le comportement de ce « monsieur haut placé et bien connecté qui se permet de refuser un alcotest que le commun des mortels subit avec docilité. » Autant de choses, dit-il, qui méritent qu’on réagisse.
Par ailleurs, le père Mongelard dit avoir également noté des signes positifs, comme le chef juge qui prend position pour défendre le judicaire ou le président de la République qui accueille favorablement une requête pour la réouverture d’un procès criminel. Il souhaite toutefois qu’à d’autres niveaux, comme celui de la police, par exemple, le travail se fasse avec la même rigueur.