Le Sockalingum Meenatchee Ammen Kovil, plus connu comme Kaylasson, est un bijou du patrimoine national de Maurice. Basé à la Route Nicolay à Sainte Croix, ce temple dédié au Dieu Shiva a été construit en 1854 par des ouvriers indiens venus travailler dans l’île. Principalement fréquenté par des dévots tamouls il reçoit des Mauriciens de toutes confessions et des touristes d’à travers le monde.

Le temple a été construit selon des normes traditionnelles strictes.
Elles comportent 6 stations symbolisant les organes du corps humain

En passant par le Gopuram (porte d’entrée), nous marchons sur des blocs en pierres. Sur l’une d’elle le nom de Soo Aroomooga Chetty, est gravé en lettres capitales. “Certaines personnes m’ont révélée que c’est mon aïeu qui aurait fait donation de ces pierres. En cherchant bien, j’ai effectivement trouvé une pierre parmi ces centaines d’autres où son nom est gravé. Mais, rien n’est encore prouvé”, fait ressortir Anusha Chetty, membre du Hindu Maha Jana Sangham, groupe qui gère le Sockalingum Meenatchee Ammen Kovil. Comme pour Anusha Chetty, ce temple a toujours fait partie de la vie de plusieurs générations de Mauriciens qui ont un attachement très fort pour ce lieu construit par leurs ancêtres.

Le temple est aussi un sanctuaire pour
plusieurs divinités

Cathédrale de la communauté tamoule

Dédié au Dieu Shiva, ce temple a été construit au milieu du 19e siècle par des travailleurs indiens venus travailler à Maurice. “Ce qui fait sa particularité, c’est que c’est l’un des plus anciens lieu de culte érigés à Maurice. Le temple Kaylasson est un peu la cathédrale de la communauté tamoule”, relate Anusha Chetty. Le lieu se vit plus qu’elle ne se visite. Nous sommes tout autant subjugués par son architecture dravidienne que par cette atmosphère sereine et sacrale qui nous enveloppe. Un silence saccadé de temps à autre par le chant des oiseaux et les braillements des paons devenus au fil du temps une des grandes attractions de ce site.

À l’image d’une pyramide, la tour du temple appelée le
Gopuram, a une architecture
dravidienne unique

S’étendant sur 13 arpents, avec les manguiers et autres arbres fruitiers qui bordent cette cour ombragée, il s’y dégage une fraicheur permanente. Le site abrite aussi le Meenatchee Home où résident une cinquantaine de pensionnaires, une salle où sont organisés divers événements et une école dédiée à la promotion de la culture tamoule.
Six stations

“A l’occasion du Thaipoosam Cavadee, le Kaylasson est le temple qui accueille le plus de dévots”, relate Anusah Chetty. C’est une des célébrations les plus importantes du calendrier tamoul car il célèbre la victoire de Muruga (fils de Shiva) sur les forces maléfiques. Parmi les représentations de divinités dont recèle ce temple, nous retrouvons le Dieu Shiva et Muruga dans l’Artha Madapam (pièce centrale du temple). Plusieurs sanctuaires sont également visibles à travers le temple, notamment dédiés à Maha Vichnou, Gopalkrishna, Mariamen ou encore Madurai Veeran.

Fraichement débarqué d’Inde depuis deux semaines, le prêtre S. Somaskandan explique que comme tous les temples hindous, le Kaylasson a été construit selon des normes et exigences spécifiques. “C’est comme un corps humain, avec six stations qui renvoient à différentes organes.”

Un prêtre est omniprésent pour assurer des
cérémonies sur place

Dans le livret Héritage de Nos Ancêtres, il est souligné que “Selon les lois canoniques des ‘Aagamaas’ qui régissent la construction de temples, le tamoule doit élaborer le plan du temple d’après l’architecture d’un corps humain étendu à terre. Aussi doit-il considérer le temple comme son propre corps, son cerveau, son cœur, qu’il lui incombe de garder pur et sain, et en adorant Dieu extérieurement.”

Toutefois, une des éléments les plus attrayant du Kaylasson est son gopuram. Elle se distingue dans le paysage avec une architecture en forme de pyramide, et ses statuettes colorées. Les quatre tours (vimanum) du temple qui sont de différentes formes et dimensions sont aussi des éléments qui font de ce site une merveille en terme de sculpture dravidienne.

Des fresques aux couleurs éclatantes

Les origines

Influence des cinq dynasties

-“En 1854, alors que l’épidémie de choléra décimait la population, les négociants et commerçants tamouls de Port-Louis conçurent le projet d’un grand temple au Dieu Siva au nord de la capitale. Nous rappellerons d’abord que l’art de la construction de temples au pays tamoul a subi l’influence des cinq dynasties qui ont régné et que c’est la riche architecture de l’époque Palavas (600-900 A.D) connu comme le style dravidiens, telle qu’on en voit dans les temples taillés à même le roc à l’ancienne ville portuaire de la ville de Mahabalipuram, qui ont servi de prototype aux temples de chez nous”.
Phénomène rare

-“Une caractéristique du temple qui témoigne de la grande observation astronomique qui a présidé à son élaboration mérite d’être signalée. Aux petites heures du matin, aux équinoxes, le soleil darde de ses rayons à la fois Vinayagamoorthy, Sockalingum et Soobramaniar, phénomène rare qui même au Tamil Nadu, ne se produit qu’à trois temples dont le Soriène Kovil à Kumbakonam (patrie de notre regretté père) ou le soleil ne baigne que les pieds de Shri Krishna. ”
(Extraits du livret : Héritage de Nos Ancêtres)