Condamné à 12 ans de prison par la cour intermédiaire il y a environ trois semaines, Yushdev Bahadoor avait demandé la liberté conditionnelle en attendant son appel. La magistrate Kesnaytee Bissoonauth a rejeté la requête du condamné. La police y a objecté disant qu’il pourrait prendre la fuite.
Yushdev Bahadoor devra rester en prison en attendant la décision de la cour d’appel. Cet ancien inspecteur des écoles a été condamné par les magistrats Ratna Seetohul-Toolsee et Chrisna Hurreesing le 26 septembre à 12 ans de servitude pénale. Le Directeur des poursuites publiques (DPP) le poursuivait pour « Sodomy upon minor » sous les articles 250 (1) (2) (a) (b) du Code pénal ; « Causing a child to be sexually abused » sous les articles 14 (1) (a) (2) (a) et 18 (5) (b) (5A) de la Child Protection Act et, « Taking indecent photographs of children » en violation des articles 15 (1) (a) et 18 (5) (b) (5A) de la Child Protection Act. Représenté par Me Jacques Panglose, il a plaidé non coupable.
L’ancien inspecteur du primaire avait tout de suite donné avis d’appel. Il a, par l’entremise de son homme de loi, présenté une motion pour sa liberté conditionnelle « pending appeal ». La motion a été résistée par l’assistant DPP Me Mohana Naidoo. Une objection retenue par la magistrate Kesnaytee Bissoonauth qui est d’avis qu’il ne faut pas relâcher l’appelant. La police avait déclaré que le demandeur pourrait ne pas se présenter en cour s’il est libéré sous caution.
Le 9 septembre 2008, lors d’une parade d’identification aux Casernes centrales, le plaignant a identifié l’accusé comme étant celui qui a pris des photos de lui nu. Il lui répétait « I love you, I love you » selon le jeune garçon. La police a pu mettre la main sur ces photos. La jeune victime a déclaré que son enseignant de leçons particulières l’a également fait subir des sévices sexuels. Il a soutenu ne pas avoir consenti à cette pratique. L’accusé lui aurait également proposé de le payer et de lui donner des chocolats à chaque fois qu’il viendrait le voir dans sa chambre.
Le Dr Satish Boolell, ancien Chief Police Medical Officer, a été appelé par la poursuite pendant le procès. Il a confirmé qu’il y a bien eu pénétration anale après l’examen qu’il a effectué sur la jeune victime. Selon lui, les blessures qu’il a trouvées l’indiquent.
La défense avait voulu plaider que l’accusé était dans un état de démence. L’article 42 du Code pénal stipule : « Il n’y a ni crime ni délit, lorsque le prévenu était en état de démence au temps de l’action, ou lorsqu’il a été contraint par une force à laquelle il n’a pu résister, et en conséquence il sera acquitté. »
Après l’audition du Dr Taroonsing Ramkoosalsing, consultant en psychiatrie, et du Dr Pravin Bucktowar, psychiatre, la Cour n’était pas convaincue que Yushdev Bahadoor n’agissait pas en pleine connaissance de cause. Le Dr Ramkoosalsing a déclaré qu’il connaissait le prévenu depuis 2005 et qu’il suivait des traitements mentaux pour dépendance à l’alcool et dépression. Il a soutenu que Yushdev Bahadoor est d’habitude un homme courtois et respectueux. Il en ressort que cet enseignant a adopté un enfant il y a une douzaine d’années.
Les magistrats Seetohul-Toolsee et Hurreesing avaient déclaré au moment de la sentence que « the Court has the duty to protect the young ones. A fine whatever high it might be will not meet the ends of justice ».