Cela fait quarante ans que les Soeurs Missionnaires de la Charité, plus connues comme les Soeurs de Mère Teresa, sont arrivées à Maurice. Pour marquer l’événement, les “Co-Workers de Mère Teresa” (les collaborateurs) invitent à voir une exposition relatant cette présence en terre mauricienne. Quarante panneaux, des dizaines de photos, une vieille bicyclette et une machine à écrire démodée, pour raconter une belle histoire d’amour et de dévouement de ces religieuses auprès des plus pauvres et des exclus.
Cette expo, qui se tient à “La Maison de la Paix” à Roche-Bois (maison des Soeurs) jusqu’à lundi après-midi, ne laisse pas indifférents de nombreux Mauriciens. Des jeunes qui y sont passés avouent qu’ils sont touchés par « ce témoignage d’amour » des petites Soeurs de Mère Teresa.
Les quatre premières Missionnaires de la Charité, venues de l’Inde, sont arrivées à Maurice le 6 septembre 1972. Le mois suivant, elles ont fixé leur regard sur Roche-Bois pour leur installation définitive dans l’île, l’endroit correspondant à leur mission : être au service des plus pauvres parmi les pauvres. Quarante ans plus tard, les cinq religieuses (trois Indiennes, une Coréenne, une Zambienne) qui poursuivent la mission à “La Maison de la Paix”, à l’instar de celles qui les ont précédées, oeuvrent avec un dévouement sans bornes et avec une capacité d’amour et d’affection remarquables. Un service rendu avec gentillesse et discrétion en arborant chaque jour un magnifique sourire reflétant leur joie de servir.
Depuis le début du mois, les personnes défilent pour voir cette expo qui a été montée avec beaucoup de soins et dans un souci de qualité par les Co-Workers. Quelques collégiennes de la capitale, sensibles à l’appel « come and see » de ces Co-Workers, confient leur émerveillement après avoir fait la tournée des quarante panneaux et après un brin de causette avec les religieuses. « Le travail de ces Soeurs est un magnifique témoignage d’amour. J’ai compris qu’elles sont encore plus heureuses s’il y a des collaborateurs. Après les examens de fin d’année, je verrai avec quelques amis ce que nous pouvons faire en tant que jeunes. Il nous faut donner un sens à notre vie », confie l’une d’elles.
La vieille bicyclette trônant au milieu de la salle d’exposition constitue une petite curiosité pour de nombreux visiteurs mais cet objet fait surgir bien des souvenirs des premières années suivant l’installation des Soeurs dans la région de Roche-Bois. « Mo ti ankor enn zanfan me mo rapel byen, souvan mo ti trouv sa bann maser-la lor zot bisiklet parski sa lepok-la transpor ti byin difisil. Bann dimounn ti ase sirpri o depar me nou finn abitie apre. Kan zot lasenn bisiklet sape nou donn enn koudme pou aranze », se souvient un habitant de l’endroit venu voir l’expo. Dans leur sari blanc à liseré bleu, les petites Soeurs de Mère Teresa ne passaient guère inaperçues sur leur deux-roues, parcourant souvent de longs trajets pour visiter les pauvres et les malades de la région. Une vieille machine à écrire à côté du vélo rappelle les cours de dactylographie que les premières Soeurs ont donnés aux jeunes filles de la région.
Mais l’oeuvre des Soeurs Missionnaires de la Charité à Maurice, encore méconnue par beaucoup de Mauriciens, a une dimension beaucoup plus large comme en témoignent ces archives photos et autres documents que les Co-Workers ont réussi à rassembler. En effet, pendant ces quarante dernières années, la principale mission des Soeurs de Mère Teresa a été auprès des délaissés ; les pauvres, les personnes âgées, les malades, les mourants et les handicapés sont leurs priorités. Elles ouvrent en 1974 à la Rue Balisage “Prem Niwash”, la première maison d’accueil pour les vieux. En 1985, lorsqu’elles aménagent dans un nouveau bâtiment, La Maison de la Paix, elles y hébergent aussi leurs protégées. À cette date, il y avait une dizaine de pensionnaires et aujourd’hui il y en a une quarantaine. La Maison de la Paix a été agrandie et a connu une transformation physique notable au fil des années afin de loger décemment les résidentes. Mais point de luxe ni de superflu. Cette maison d’accueil baigne dans la simplicité et il y règne une atmosphère de quiétude. Un havre de paix pour ces pensionnaires ayant besoin de soins, d’attention et d’affection mais aussi pour tous ces visiteurs qui y franchissent le seuil pendant l’année en quête d’une paix intérieure.