C’est cette nouvelle exposition majeure de Soh Boon Kiong, artiste malaisien vivant entre le Japon et la Malaisie, qui permet au grand public de se familiariser avec l’art japonais, chinois, dans un espace de fusion à l’Institut français de Maurice jusqu’au 17 juin. « Flânerie poétique », titre de l’exposition en cours est bien une synthèse entre différentes traditions picturale et esthétique. Soh présente 23 travaux, acrylique sur toile, un mélange de peinture japonaise native et d`influence occidentale.
Soh Boon Kiong a étudié les beaux-arts en France et en Malaisie. Malaisien d’origine chinoise, il possède deux ateliers, l’un au Japon, l’autre en Malaisie. « Il est le premier artiste d’origine chinoise à obtenir une résidence d’artiste à l’Université nationale de Malaisie entre 2010 et 2014, depuis l’Indépendance de la Malaisie il y a 58 ans, ce qui lui confère une renommée certaine dans les milieux artistiques malaisiens.»
Depuis 1993, il invente un univers sans fausse profondeur d’une grande finesse : il trace des figures transparentes par un procédé qui induit une vision volumique de l’espace. Ses toiles se conforment à une composition rigoureuse où se superposent nature, ciel, mer. Le peintre nous dit qu’il met beaucoup de couches dans un tableau pour obtenir des empâtements avec une touche fondue. Transparents, les éléments se noient dans les miroirs d’une surface étale à l’infinie délicatesse. La vibration des teintes, l’harmonie des jaunes-verts, la rigueur de la composition, le souci de la lisibilité de l’oeuvre : Soh Boon Kiong vise un équilibre entre différents éléments. Mais, il n’écarte pas, dans son oeuvre, les lointains mystères et la rêverie. Ses travaux présents viennent de loin, peut-être des arts visuels japonais par le raffinement, la représentation des scènes avec des idées importées, une lumière secrète. Tout se joue sur la dualité permanente entre lumière et secrets du dedans, entre esprit et matière aussi. Soh est contemplatif de l’atmosphère aveuglante du jour. « Soh Boon Kiong soumet souvent son approche créative à une réflexion et un agencement rigoureux. Il s’empare des montagnes, du vent, de la mer et de la lune qu’il jette sur la toile dans un mouvement de la pensée guidé par son inspiration capricieuse… ». Surgissent des formes à la lisière du fluide, parfois déroutées par la pensée. Différents états d’âme (Souvenirs parfumés, La joie, Poesie d’automne, La fragrance d’été), différents éclats (Le matin, la symphonie de la nature) se mêlent jusqu’au vertige final. Une objectivité poétique au service de la peinture, Soh s’apparente à un peintre de la vie quotidienne dans la représentation d`un temps qui semble arrêté. Sa peinture a évolué vers une peinture de citations poétiques, de traversées.