Pour comprendre d’où vient la détermination de vivre de Soi Yin Lee Soo Lam Koon Fan, il est important de cerner son identité culturelle. Cette immigrante chinoise de 90 ans, digne représentante de la femme hakka, a connu tour à tour la déception, la tristesse, l’exclusion, le désarroi, la pauvreté extrême. Tous ses déboires n’ont jamais eu raison d’elle.
Avec nostalgie et presque au bord des larmes, Soi Yin Lee Soo replonge dans son passé. Une histoire construite sur l’autel de la tristesse et de la déception, qui a forgé son identité. Elle s’exprime tantôt en hakka, tantôt en kreol. Le timbre rauque de sa voix cassée ne laisse planer aucun doute sur les épreuves qu’elle a traversées.
Nous sommes en 1926, dans une province retirée de la Chine, Guandong Chung. Soi Yin Lee Soo, de son vrai nom Fan Chi Youn, est encore un bébé de huit mois quand elle est mariée à Lam Koon, âgé de neuf ans. Dans la tradition de ce peuple, dès le berceau, l’épouse a le devoir d’aller vivre chez sa belle-famille. Se plier à cette exigence était un devoir sacral entre les familles.