Si elle a fait ses preuves, la Society for Aid to Children Inoperable in Mauritius (SACIM) a pourtant perdu son positionnement sur Maurice. Les parents d’enfants malades inopérables à Maurice pensent rarement à solliciter cette ONG qui possède les fonds nécessaires et le savoir-faire, et qui jouit d’une bonne estime dans son domaine.
« Auparavant, les patients venaient automatiquement chez nous car ils avaient des problèmes cardiaques. Puisque de telles opérations se font à Maurice, les gens ne viennent pas, croyant peut-être que nous nous occupons seulement des enfants malades du coeur », lance Neena Ramdenee, ancienne présidente et membre de la SACIM. Depuis que l’ONG a recommencé à faire du marketing, elle a constaté qu’il y a un réel besoin d’aide aux enfants inopérables à Maurice. Auparavant, des médecins envoyaient des cas auprès de cette ONG. Tel n’est plus le cas. Mme Ramdenee estime qu’il y a des enfants qui sont malades et des parents qui sont en détresse mais qu’ils ne savent pas à quelle porte frapper. Pourtant, cette ONG peut s’occuper des enfants malades du cerveau, des yeux et autres.
Mme Ramdenee explique que lorsque la SACIM prend en charge un enfant malade, c’est pour la vie. « Nous avons juste besoin d’une lettre d’un médecin qui nous dit que tel enfant est inopérable à Maurice. L’enfant vient chez nous et on fait les investigations nécessaires, on entre en contact avec nos correspondants à l’étranger — à Bangalore et en Australie. Nous nous occupons de tout ; c’est une prise en charge totale », déclare-t-elle. Plus tôt la SACIM est informée, mieux c’est pour les enfants. Outre la prise en charge des enfants, la SACIM paie aussi pour l’hébergement de la mère et effectue toutes les démarches, les visas et les passeports. « Certains enfants sont restés huit mois à l’étranger aux frais de la SACIM », souligne notre interlocutrice. Jusqu’ici, cette ONG a pris en charge 668 enfants et financé 750 opérations, certains enfants ayant été opérés à plusieurs reprises.
Mme Ramdenee déplore le fait que des personnes fassent de la collecte en public, munies des autorisations de la police au nom des enfants inopérables à Maurice. « Ce n’est pas normal car ces gens peuvent d’abord venir voir chez nous. Je pense que la police aurait dû les diriger vers nous d’abord, avant de leur donner l’autorisation pour une collecte publique. Lorsque je rencontre ces gens au marché, je leur parle et je découvre qu’ils n’ont jamais entendu parler de la SACIM. Je leur demande de venir nous voir, je leur laisse mon numéro de téléphone mais ils ne viennent jamais. C’est triste ». Elle déplore aussi que certaines personnes insistent auprès de la SACIM pour que leurs enfants malades soient envoyés en France pour être soignés. « La SACIM ne donne pas d’argent mais elle prend en charge les enfants malades pour être opérés en Inde et en Australie. Il y a des hôpitaux formidables en Inde qui n’ont rien à envier aux meilleurs dans le monde ». La SACIM souffre d’un déficit de communication et d’information et elle a besoin de sensibiliser. C’est ce qu’elle entreprend en cette année où elle célèbre ses 45 années d’existence.