Caritas Île Maurice organise, du 26 au 28 février, sa quête annuelle, qui constitue la principale source de financement pour la gestion des deux abris de nuit pour les sans domiciles fixes. À ce jour, ce service ne figure pas parmi les priorités des “guidelines” de la Corporate Social Responsibility (CSR). Soixante-dix « tontons » fréquentent pourtant régulièrement les deux abris et les groupes qui leur fournissent de la nourriture se font de plus en plus rares.
Comme chaque année, les 26, 27 et 28 février marquent les journées de quête de Caritas. Si cette levée de fonds est nécessaire pour assurer la pérennité de ses différents services, comme la gestion des centres d’éveils, l’alphabétisation fonctionnelle et le secours d’urgence aux familles, entre autres, elle l’est encore plus pour la gestion des abris de nuit. Car ce service, en dépit de sa nécessité dans la société mauricienne, n’attire pas beaucoup de fonds à travers la CSR. « Les compagnies investissent davantage dans des projets pour les enfants et les femmes. Il est vrai que ces catégories de citoyens sont les plus vulnérables de la société, mais toujours est-il que ne pouvons laisser ces tontons tomber. Ils ont eu des accidents de parcours et nous ne pouvons les exclure. Il nous faut trouver les fonds nécessaires par d’autres moyens », déclare Cursley Goindoorajoo, responsable des abris de nuit de Caritas Île Maurice. « Qui plus est, de nos jours, il devient de plus en plus difficile également de trouver des groupes qui offrent à manger », comme cela se faisait par le passé. « La nourriture coûte chère aujourd’hui et les bienfaiteurs ne peuvent plus offrir des repas pour toutes ces personnes. »
À ce jour, 70 « tontons », comme on les surnomme – de plus en plus jeunes, selon les travailleurs sociaux –, fréquentent les abris de nuit où ils peuvent prendre une douche, manger et passer la nuit, le tout dans un esprit de réhabilitation. Les « tontons » ont droit à un accompagnement et ceux ayant un problème avec l’alcool ou la drogue sont dirigés vers les centres de réhabilitation. Pour cela, « Caritas doit trouver au minimum Rs 2 400 000 pour le budget annuel des deux abris de nuit », précise Patricia Adèle-Félicité, secrétaire générale de Caritas Île Maurice. Elle fait ainsi appel « à la solidarité et à la générosité des Mauriciens » pour la pérennité de ce service et les autres services de l’Ong.
Par ailleurs, Caritas Île Maurice relance son projet « Membre Bienfaiteur » afin de s’assurer d’un soutien financier dans la durée. À titre indicatif, les donations correspondent à : Rs 100 (repas à l’abri de nuit ou pour une famille); Rs 200 (un sachet de lait aux personnes vulnérables); Rs 500 (achat de quelques briques pour la construction d’une maison), entre autres.