Cela fait 25 ans que ces habitants luttent pour que des permis de construction leur soient délivrés ou qu’ils soient délocalisés, car leur village, Solitude, Plaine-Magnien, est situé dans la zone d’approche des avions, d’où l’impossibilité de construire des maisons en dur. Six mois après avoir débuté une série de manifestations pour faire entendre leur désespoir, les habitants de Solitude sont toujours au point de départ. Mercredi dernier, ils avaient une nouvelle fois prévu de manifester pacifiquement devant le Conseil de District de Rose-Belle dans l’espoir que leur voix soit entendue.
Malgré les autorisations données par les Casernes centrales pour la tenue de la manifestation mercredi dernier de midi à 13h, il s’avère, selon Raj Kedaroo, porte-parole des habitants de Solitude, qu’un incident serait survenu avec un inspecteur de Rose-Belle. L’officier aurait ordonné la suspension de la manifestation avant de les emmener au poste.
Selon Raj Kedaroo, l’inspecteur leur aurait laissé entendre qu’il n’avait jamais été question de manifestation mais d’une marche pacifique. Mais le Dr Rajah Madhewoo, travailleur social, soutient qu’une marche commence d’un point de départ jusqu’à une arrivée. “Faute d’avoir sur moi une copie de l’autorisation des Casernes centrales, je me suis senti désavantagé. Une fois à la maison, après vérification des documents, j’ai constaté que nous avions bel et bien eu l’autorisation pour une manifestation. Il est dommage que cet inspecteur ait été mal renseigné et qu’il nous ait interdit de poursuivre”, déclare le Dr Madhewoo. Conséquence, les habitants n’ont pu remettre la lettre prévue au président du Conseil de District de Rose-Belle, Yashveer Ruggoo.
Solitude, ce hameau perdu au milieu des champs, à côté de la piste d’atterrissage, consiste en tout et pour tout de quelques maisons en tôle branlantes sans eau ni électricité pour la plupart, et n’a, depuis ses débuts, jamais connu de développement. La seule route d’accès eau par des n’est pas goudronnée. Les maisons sont alimentées en camion citerns. De plus, le seul arrêt d’autobus à la sortie du village ne dispose d’aucune structure pour les abriter de la pluie et du soleil . Leurs revendications pour obtenir un bus shelter, comme partout ailleurs, sont restées désespérément vaines.
Jusqu’ici, il n’y a que quelques lampadaires qui ont été placées à l’intérieur du village et non depuis la route d’accès comme cela aurait dû être le cas.