Le Premier ministre, qui a participé au 4e sommet Afrique-Europe – tenu à Bruxelles cette semaine –, a préconisé un partenariat effectif à la mesure d’une maturité entre les deux partenaires. Ce partenariat ne doit pas être empreint de paternalisme, a-t-il soutenu lors de son intervention devant les représentants des États africains et européens.
Selon Navin Ramgoolam, l’Afrique est bien le « continent de l’avenir » en raison de ses potentialités et ses ressources naturelles. De plus, les jeunes constituent plus de 50% de la population. « C’est le continent qui devrait attirer les investissements. Un partenariat effectif entre l’Afrique et l’Europe dégagera une “win-win” situation pour les deux continents », a-t-il dit.
Lors du sommet de Bruxelles, le Premier ministre a aussi eu l’occasion de s’entretenir avec la Baronne Catherine Ashton, vice-présidente de l’Union européenne et chargée du dossier des affaires étrangères et de la sécurité de la communauté européenne. Ils ont passé en revue la situation dans le monde mais, surtout, le problème posé par les actes de piraterie dans l’océan Indien. Navin Ramgoolam s’est également entretenu avec le nouveau président malgache Hery Rajaonarimampianina.
En marge du sommet, le Premier ministre mauricien a rendu, mercredi, une visite de courtoisie au Commissaire au développement de l’Union européenne, Andris Piebalgs. Ce dernier a salué l’efficacité de Maurice dans l’utilisation de l’aide que le pays reçoit pour son développement.
Le Commissaire a qualifié « d’exemplaire » la coopération entre Maurice et l’Union européenne lors de cette rencontre, durant laquelle des sujets de grande importance pour l’avenir de Maurice ont été discutés. L’abolition par l’Union européenne du quota de sucre interne, qui sera effective à partir de 2017, a aussi été évoquée à cette occasion par le Premier ministre. Il a fait un vif plaidoyer en faveur de mesures correctives pour les pays les plus touchés par cette décision européenne. « L’abolition du quota aura de sérieuses répercussions sur le prix du sucre pour des pays comme Maurice », a ainsi souligné Navin Ramgoolam.  
Après les explications du Premier ministre sur l’impact négatif de l’abolition du quota, le Commissaire européen au Développement a pris l’engagement d’aider notre pays durant la période de transition et, suivant une étude sur l’impact de cette mesure sur l’industrie cannière et sur l’économie du pays, l’Europe prendra des mesures correctives.
La rencontre entre le Premier ministre et le Commissaire Piebalgs s’est terminée sur le souhait que Maurice et la Commission européenne concluent, dans les meilleurs délais, un accord de partenariat économique complet.
Les quelque 80 dirigeants africains et européens réunis en sommet à Bruxelles ont convenu jeudi de lutter contre l’immigration irrégulière, une « avancée » sur un dossier qui a souvent envenimé leurs relations. Dans un « plan d’action » jusqu’en 2017, les participants à ce 4e sommet UE-Afrique « s’engagent à lutter contre l’immigration illégale en promouvant une coopération efficace et complète pour éviter les conséquences dramatiques de la migration illégale et protéger la vie des migrants ». La réorientation par l’UE de son aide au développement en faveur de la formation et de l’emploi des jeunes – 65% de la population africaine ont moins de 35 ans – va également dans le sens d’un frein aux flux migratoires.
« Si nous nous concentrons sur la formation de nos populations, investissons sur elles. Elles n’auront pas à venir via Lampedusa, elles viendront en avion et seront bien accueillies », a relevé la présidente de la Commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, dans la conférence de presse de clôture du sommet.