Une des questions les plus attendues aujourd’hui à l’Assemblée nationale lors du Prime Minister’s Question Time (PMQT) était la participation de Navin Ramgoolam au sommet de la dernière édition du World Economic Forum, à Davos. Alors que la MBC avait affirmé que le Premier ministre avait rencontré le ministre indien des Finances, M. Chidambaram, sur le Double Avoidance Treaty avec l’Inde, ce dernier aurait, selon l’opposition, soutenu le contraire. Le PM est ainsi venu affirmer : « I had a meeting with Chidambaram ! » et a soutenu qu’il pourrait même présenter des clichés l’attestant, même si à la télé on n’a pu le voir. Navin Ramgoolam a ajouté que le ministre indien lui aurait même déclaré : « I’m aware of this displeasure. Let me guarantee you that India will do nothing to harm the interest of Mauritius. »
Alors que le chef du gouvernement abordait sa rencontre avec le ministre indien des Finances à Davos, l’opposition s’est montrée très avide de réponse avec des « hmmm » évocateurs. Mais, ce ne devait pas être le début du calme dans les rangs du MMM lorsque sans le réaliser, le Premier ministre, se targuant de ne pas toujours tout étaler concernant son travail, déclarait : « There are things that I have done that I won’t say. » Quiproquo qui devait fortement amuser les députés.
Le Premier ministre devait affirmer qu’il a eu une rencontre avec M. Chidambaram et que celui-ci « était déjà au courant de mon insatisfaction ». Navin Ramgoolam devait poursuivre en disant que si le Premier ministre indien a donné l’assurance que rien ne serait fait qui serait désavantageux pour Maurice, « le ministre des Finances indien n’est pas en train d’aller dans ce sens. Or, nous voulons booster notre secteur financier. On a décidé qu’il y aurait une équipe qui irait en Inde et une autre qui viendrait à Maurice pour régler le problème. I did not offend India. I’m defending the interest of Mauritius ! If I’m unhappy, I’ll say I’m unhappy ». Ces propos du chef du gouvernement ont été vivement applaudis par les députés du gouvernement.
Poursuivant, Navin Ramgoolam devait indiquer qu’il a eu des discussions également avec un certain M. Ragawan de l’Inde au sujet de ce problème de Double Anti-avoidance Treaty avec l’Inde. « J’ai entendu dire que les discussions ne se déroulaient pas bien. J’ai demandé et on m’a dit que c’est très difficile. J’ai demandé à M. Ragawan de repousser son vol au risque de le voir mal présenter ce dossier à son Premier ministre. Il a changé son vol pour me rencontrer avec le Indian High Commissioner. Je lui ai dit ce que je ressentais : le Premier ministre indien donne cette assurance et le ministre des Finances fait le contraire et c’est mauvais pour Maurice ». Le PM a indiqué avoir aussi souligné à M. Ragawan que si l’Inde assure qu’elle compensera Maurice pour ce que celle-ci estime qu’elle perdrait, « that’s not what I want. My interest is not money but make sure that we secure jobs in that sector where many of our young people are involved. I said : “If you go on with what you’re doing, I would not accept” ».
Navin Ramgoolam soutient que M. Ragawan s’est montré très compréhensif et lui a assuré : « Sir, as I reach Delhi, the first person I will see is the Prime minister and I will tell him that the Mauritian Prime minister is not happy. »
Revenant à sa rencontre avec le ministre Chidambaram, Navin Ramgoolam a ajouté que celui-ci lui a dit « je suis au courant de votre mécontentement ; laissez-moi vous garantir que l’Inde ne fera rien qui causerait du tort à Maurice ».
Dans une question supplémentaire, le Whip de l’opposition Rajesh Bhagwan n’a pas manqué, comme à son habitude, de soulever des questions au sujet du fonctionnement de la MBC. Il a ainsi demandé au Premier ministre s’il avait l’intention de demander à la chaîne de télé nationale de refaire un bilan de sa participation à Davos afin qu’il n’y ait pas de confusion s’agissant de sa rencontre ou pas avec le ministre Chidambaram. La MBC n’avait pas montré d’images de cette rencontre. Le Leader of the House a répondu que ce sommet du World Economic Forum à Davos est « très strict ». « J’aurais moi-même souhaité que le ministre des Finances m’accompagne mais ils sont très stricts. Ils n’autorisent pas les caméras partout. La MBC ne pouvait pas montrer des images mais j’ai des clichés avec M. Chidambaram », devait-il assurer au Whip de l’Opposition.