Si le sommet du Commonwealth de Perth, qui s’est achevé hier, laisse un arrière-goût amer en matière de respect des Droits de l’Homme et de démocratie, par contre des pays de l’océan Indien, en particulier Maurice et les Seychelles, en tirent une satisfaction légitime. En effet, le Commonwealth Heads of Government Meeting (CHOGM 2011) a octroyé une plus grande visibilité à la lutte anti-piraterie au large des côtes de la Somalie et dans l’océan Indien en général. Que ce soit au sein de la délégation de Maurice, dirigée par le Premier ministre Navin Ramgoolam, ou celle des Seychelles, menée par le président James Michel, les retombées de l’Indian Ocean Piracy Forum sont considérées comme de véritables acquis.
Dès la fin des délibérations de vendredi de cette réunion sur le grave problème de la piraterie dans l’océan Indien, coprésidée par l’Union européenne et l’Australie, Maurice a tiré satisfaction dans la mesure où le plan d’action de Maurice d’octobre 2010 a été plébiscité. Cette satisfaction est partagée par les Seychelles et le président Michel l’a clairement fait comprendre en dressant le bilan de ce sommet.
James Michel s’est félicité du travail accompli jusqu’ici malgré l’absence de ressources d’envergure mais avec une coopération étroite des pays de la région, dont Maurice. « We salute the efforts of our partners : Mauritius, Kenya, Tanzania, the Maldives and Mozambique. We also thank the government of India for its proactive role in helping our Coast Guard and training our military for appropriate response to piracy at sea », s’est-il appesanti.
« We have succeeded in getting the world community to realize that this is not a localized problem, but it is an international problem that requires an international response… I have warned in the past that the problem is piracy today, but tomorrow it is terrorism, and this is indeed what we are seeing develop, as we have seen in Kenya most recently », a déclaré le president Seychellois.
Poursuivant son analyse de la situation dans l’océan Indien, avec la prochaine conférence internationale contre la piraterie à Perth en 2012, le président Michel met l’accent sur l’importance de la coopération dans ce domaine. « It is important that the participants agreed that regional ownership and burden sharing is essential to this combat, and also that the countries of the region share a common legal heritage that presents opportunities for Commonwealth, as well as other organizations, to deliver legal assistances and support to criminal justice systems. The coast States of the Indian Ocean need more support — both in terms of maritime assets, in terms of prisons, and in terms of legislative and human resource capacity building. These coastal States are in the majority Commonwealth States », a-t-il plaidé.
Les premières indications sont que le nouvel awareness contre la piraterie maritime sur le plan international commencent à se faire sentir. Ainsi, lors d’une interview à la BBC hier pour marquer la clôture du sommet de Perth, le Premier ministre britannique David Cameron a annoncé que Londres apportera son soutien en termes financier et logistique à Maurice et aux Seychelles dans la lutte anti-piraterie. Il a confirmé l’intention du gouvernement britannique d’autoriser la présence de gardes armées à bord des cargos battant pavillon britannique et croisant dans l’océan Indien.
Sur le plan bilatéral, des échanges de nature informelle se sont déroulés entre Maurice et d’autres pays, dont le Sri Lanka, la Grande-Bretagne et les Seychelles. Avec ce dernier pays, le principal sujet à l’agenda a été la gestion de l’extension du plateau continental, avalisée cette année. Les deux délégations ont passé en revue les progrès accomplis dans ce domaine et la marche à suivre pour traduire dans la réalité ce partenariat.
L’une des principales étapes subséquentes concerne la signature de l’accord formel sur l’extension du plateau continental. La date de cette cérémonie, qui se déroulera à Maurice, attend d’être agréée entre les deux pays même si Maurice a proposé la fin de cette année à cet effet. Des annonces officielles simultanées devront être faites prochainement à Mahé et à Port-Louis.