50 % à 60 % des diabétiques souffrent en même temps d’hypertension, a déclaré le Dr Siddharth Shah, diabétologue et rédacteur en chef du Indian Physicians Journal, au Sommet du Diabète qui a pris fin vendredi au Méridien à Pointe-aux-Piments. La coexistence du diabète et d’une pression artérielle trop élevée augmente, dit-il, la mortalité associée aux maladies cardio-vasculaires.
Cette conférence médicale a été organisée par le South East Regional Council de la Fédération Internationale du Diabète pour le Sud Est asiatique et la Mauritius Diabetes Association. Elle a réuni des experts scientifiques de l’Inde, des Maldives, du Bangladesh, du Népal, du Bhoutan et du Sri Lanka. Un constat : les patients diabétiques ont souvent une attitude négative vis-à-vis de leur traitement. « Des programmes de councelling doivent être intégrés dans la prise en charge des diabétiques pour prévenir les complications », a affirmé le Dr Veenoo Basant Rai, représentante à Maurice de l’International Diabete Federation. La communication entre le personnel soignant et le patient, dit-elle, motive les diabétiques à bien suivre leur traitement et à adopter un mode de vie approprié. Une étude, indique le médecin, a démontré que 76 % des diabétiques ne contrôlent pas leur taux de sucre sanguin et que 83 % pensent qu’ils sont en bonne santé. Selon le Dr Shah, 80 % des diabétiques se trouvent dans les pays à revenus bas et moyen. Il indique qu’il est primordial de mesurer la pression artérielle du diabétique à chaque visite médicale. « Une tension supérieure à 140/80 doit être traitée pour protéger le système microvasculaire et éviter des complications affectant les reins et les yeux ». Il explique que le traitement d’un diabétique doit être personnalisé en prenant en considération le coût, l’âge, le facteur sociopsychologique et la comorbidité. « Le traitement est à la fois médicamenteux et non pharmaceutique », explique-t-il. « Le management du diabète et de l’hypertension est de modifier son mode de vie, de contrôler son poids et son alimentation, d’avoir une activité physique, de consommer l’alcool avec modération et d’éviter le tabac », recommande le diabétologue.
Risques de maladies vasculaires
Le Dr Arvind Gupta, médecin spécialiste de l’Inde, indique que la néphropathie diabétique se traduit par des changements métaboliques qui évoluent pendant 13 à 15 ans vers l’insuffisance rénale au stade terminal. Cela peut être évité, explique-t-il, par un contrôle de la pression artérielle, de la glycémie (sucre sanguin) et de l’obésité, par l’abandon du tabagisme et par un screening périodique. Le Dr Madhukar Rai a indiqué pour sa part que l’incidence de la neuropathie diabétique (atteinte du système nerveux périphérique), une cause d’amputation des pieds, est de 32,1 % chez les diabétiques de type 2 et de 22,7 % de type 1. « Le contrôle de la glycémie (taux de sucre dans le sang) est la seule option pour prévenir le développement de la neuropathie diabétique », explique-t-il. De simples interventions, dit-il, permettent de réduire les risques. Le Dr Rai recommande un examen régulier des chaussures et des pieds. Il conseille de garder ces derniers secs et propres afin de réduire les risques. La prévention des ulcères des pieds permet, dit-il, d’éviter les amputations.
« 60 % des hospitalisations chez les diabétiques sont dues aux problèmes des pieds », indique le Dr Parmindersingh de l’Inde. Le malade commence à perdre toute sensation, ce qui l’aurait protégé. « Des pieds secs et fendillés sont une entrée aux bactéries », explique-t-il. À un stade avancé de la neuropathie de Charcot, la blessure s’étend aux os et aux articulations. Le médecin doit établir la profondeur des lésions au moyen d’une radiographie et d’une biopsie selon les cas. Les blessures, dit-il, doivent être désinfectées et des antibiotiques prescrits en cas d’infection sévère.
Le Dr A.K. Dass affirme que les traitements actuels d’action rapide, intermédiaire ou de longue durée sont plus précis et provoquent moins d’hypoglycémie grâce à un « fine tuning ». En outre ils nécessitent moins d’injections. Néanmoins l’une des avancées, le Glargine, qui est une dose unique d’insuline quotidienne, ne convient qu’à 15 % des diabétiques. Le Dr Navneet Shah affirme que la prise de médicaments abaissant le taux de graisses sanguines réduit de 70 % les risques de maladies cardio-vasculaires.