La candidate canadienne Michaelle Jean a été désignée secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie après que les autres pays concernés aient retiré leur candidat en sa faveur.
Le successeur d’Abdou Diouf a été désigné à l’issue de longues et difficiles tractations, et après qu’une élection ait été évitée de justesse. C’est la première fois qu’une femme dirigera l’organisation de la francophonie et c’est également la première fois qu’une non-africaine occupera le poste de secrétaire général à la suite de l’Égyptien Boutros Boutros Ghali et du Sénégalais Abdou Diouf.
Dans une déclaration au Mauricien, le candidat mauricien, qui sera de retour au pays cette semaine, a affirmé que l’élection de Michaelle Jean « est une défaite africaine ». Selon lui, « c’est le prix de la division et, sans doute, le résultat des tractations dont j’ignore les tenants et les aboutissants ». Selon Jean-Claude de l’Estrac, la situation hier évoluait vers une élection qui aurait pu le favoriser. Cependant, le Premier ministre canadien serait personnellement intervenu en coulisse dans le cadre des négociations, rencontrant différentes délégations africaines. « À un certain moment, le Président français a reçu les chefs de délégations des pays africains concernés et c’est là que tout s’est joué. Les pays africains qui avaient présenté des candidats les ont retirés en faveur de la candidate canadienne. Le chef de la délégation mauricienne, Kailash Purryag, avait refusé dans un premier temps de suivre le courant, mais il a fait l’objet d’intenses pressions diplomatiques, lui faisant comprendre que les Africains ne voteraient pas pour le candidat mauricien. À partir de ce moment-là, les jeux étaient faits. »
Selon des observateurs, les États africains ont été les artisans de leur propre échec. « Ils sont d’autant plus frustrés que l’Afrique représente le plus grand bassin de la Francophonie en matière de locuteurs et même d’attachement historique et psychologique à la langue française. Mais, comme dans toute chose, il a fallu trancher. »