Les trois sommets auxquels Maurice participera durant les prochaines semaines feront l’objet d’une rencontre officielle entre le Premier ministre, Navin Ramgoolam et le leader de l’opposition, Paul Bérenger, à Clarisse House à la mi-journée demain. Les deux dirigeants politiques doivent s’adresser auparavant aux invités à la cérémonie d’ouverture de la conférence internationale sur la diaspora tamoule au Mahatma Gandhi Institute.
Le Premier ministre dirigera la délégation mauricienne aux trois sommets qui se tiendront respectivement à Moroni aux Comores, à Victoria Falls au Zimbabwe et à Washington aux États-Unis. Le président de la République française, François Hollande, le président des Comores, Ikililou Dhoinine, le président de Madagascar, Hery Rajaonarimampianina et le président des Seychelles, James Michel seront tous présents à Moroni. Le sommet de la Commission de l’océan Indien aux Comores samedi, sera comme l’a souligné hier le secrétaire général de l’organisation Jean-Claude de l’Estrac, sera celui de la consolidation. Toutefois une certaine irritation est observée à Moroni concernant le programme du président français. En effet, François Hollande, qui ne pourra faire le déplacement à Maurice, est attendu à l’île de la Réunion la veille et se rendra à Moroni uniquement pour le sommet, après quoi il se rendra à Mayotte pour passer la nuit avant de regagner Paris. Ce passage du président de la République française à Mayotte ne semble pas faire l’unanimité dans les milieux politiques comoriens. Comores actualités, une publication disponible sur le net, se demande s’il ne serait pas anticonstitutionnel de permettre à Hollande en tant que président français de traverser l’espace aérien comorien pour se rendre à Mayotte afin de signifier aux Mahorais que « Mayotte, c’est la France ». Il souligne qu’en juin 1990, le président François Mitterrand s’était rendu aux Comores sans aller à Mayotte et en janvier 2010, le président Nicolas Sarkozy était allé directement à Mayotte sans traverser l’espace aérien libre des Comores. Les Comores se méfient par ailleurs d’un éventuel changement d’appelation de la COI et craignent un stratagème en vue d’y inclure Mayotte. D’autre part, selon des sources informées, une tentative de changer le terme Réunion-France ferait tiquer certains. Le ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, quitte le pays demain pour Moroni via Madagascar. Le Premier ministre se rendra dans l’archipel samedi par un vol spécial.
Trade Africa
Le sommet États-Unis/Afrique a été convoqué par le président Obama le 5 août prochain à Washington. Ce sommet est le premier du genre et l’événement le plus important qu’un président américain ait tenu avec des chefs d’État et de gouvernement africains, selon le département américain du Commerce. En marge de ce sommet, le président américain a lancé le 1er juillet dernier l’initiative « Trade Africa » qui vise à faciliter le commerce en mettant l’accent sur le passage plus rapide et moins coûteux des marchandises aux frontières. « Nous travaillerons avec les pays concernés pour moderniser les procédures douanières, instaurer des passages frontaliers uniques plus efficaces et réduire les étranglements et les barrages routiers qui font obstacle aux mouvements des marchandises vers les marchés », a dit Barack Obama. Dans le cadre du sommet, un Forum d’affaires États-Unis/Afrique est également prévu et aura pour but d’intensifier les efforts américains visant à renforcer les relations commerciales et financières entre les États-Unis et l’Afrique. Il portera principalement sur la participation du secteur privé américain dans divers domaines en Afrique. D’où l’importance de la présence du Premier ministre et des opérateurs du secteur privé mauriciens à cette rencontre.
Conférence de PEID
Ce sommet a été évoqué récemment par Paul Bérenger lors d’une conférence de presse. Il avait déploré à cette occasion la décision du président Obama de ne pas organiser des réunions en tête à tête avec les chefs d’État présents. Il avait également critiqué la décision de la Maison Blanche de ne pas inviter le Zimbabwe à cette réunion. Le président du Zimbabwe Robert Mugabe, comme on le sait, accueillera le prochain sommet de la SADC à Victoria Falls les 16 et 17 août prochain et accédera à la présidence de la SADC à cette occasion. Par ailleurs le Zimbabwe assure actuellement la vice-présidence de le l’Union Africaine. La question est de savoir comment défendre le cas du Zimbabwe sans faire passer le président Mugabe pour un champion de la démocratie.
Lors de la rencontre entre Navin Ramgoolam et Paul Bérenger la conférence des Petits États insulaires en développement pourrait également être évoquée. Il s’agira pour l’île Maurice de jouer un rôle de premier plan au niveau des PEID dont la vulnérabilité au niveau économique et climatique est connue. Plusieurs petits États insulaires en développement sont menacés par la montée des eaux en raison du réchauffement climatique. Dans les milieux proches du leader de l’opposition, on fait comprendre que les discussions se limiteront aux rendez-vous internationaux que le Premier ministre ne devrait pas rater. « Ni la politique ou la rentrée parlementaire de septembre ou début octobre ne seront évoquées », fait-on comprendre.
Avant de se rencontrer à Clarisse House, le Premier ministre et le leader de l’opposition prendront la parole à la cérémonie d’ouverture de la conférence sur la diaspora tamoule. Quelque 140 délégués venus de 22 pays – dont l’Inde, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis, Hong Kong et la France – ont déjà confirmé leur participation alors qu’au total quelque 200 personnes y participeront, y compris des Mauriciens. L’objectif d’un tel événement, selon le président du Comité organisateur, Armoogum Parsuramen, est « de faire rayonner la couleur de la diaspora tamoule dans l’arc-en-ciel mauricien ». Le thème de la conférence sera « Preservation of tamil culture ».