Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a, dans son message à la nation à l’occasion de la célébration du 45e anniversaire de l’Indépendance, préconisé à nouveau « une réforme électorale dans le consensus ». Il a promis d’en présenter les options possibles à la population dans le cadre de la publication d’un livre blanc et qu’un projet de loi sera présenté aussitôt qu’il est satisfait qu’il y ait eu un consensus. « Bizin ena ène dialogue national lors tout changement Constitutionnel. Li pas capave ene arrangement juste entre leaders politiques ki impose ène reforme lors la population. Mo fine déjà causé lors reformes », a-t-il lancé. Il a reproché à l’opposition politique de n’avoir rien fait pour introduire une réforme alors qu’elle était au gouvernement et disposait d’une majorité des trois-quarts nécessaire pour amender la Constitution au parlement. Il a aussi préconisé la stabilité et estime que « pas capave reste en campagne électorale permanent juste par ce ki ou fine perdi élection. Tout quitchose ena so le temps ».
Le Premier ministre est d’avis que sans l’unité et la stabilité, il n’y a ni progrès ni développement. « L’heure est venue pour que nous pensions et agissions en tant que Mauriciens que nous pensions en tant que nation, la nation mauricienne », a-t-il observé…
« 45 ans après l’indépendance, l’heure est arrivée, pour dire que nous sommes Mauriciens. Moi mo krwar dan lavenir nou pei, lavenir nou nasyon. Se dan sa kontex-la, ki mo finn pran langazman pou amenn enn reform elektoral modern. Nou Konstitisyon finn bien servi nou pei a enn moman partikilie de nou listwar, me li ne pli kadre totalman avek enn sosiete modern du 21e siek », a dit Navin Ramgoolam.
Le PM a fait allusion à un sondage publié récemment, indiquant que 90 % des citoyens se disent Mauriciens avant tout. « Sa reforme electorale qui mo pé amené la, li alle exactement dans sa direction là. Laisse mo faire la population rappelle — dans nou manifeste électoral de 2010 et dans nou programme gouvernementale de 2012-2015, nou ti déjà annonce ki nou oulé amène ène reforme électorale dans le consensus », a-t-il dit.
« Il faut qu’il y ait un dialogue national sur tout changement constitutionnel. Li pas capave ene arrangement juste entre leaders politiques ki impose ène reforme lors la population. Mo fine déjà causé lors reformes », a insisté Navin Ramgoolam.
« Fine ena rapport Sachs, rapport Carcassonne et rapport Sithanen. Mo regretté ki pou certains, reforme électorale c’est seulement comment zotte capave gagne plis de sièges dans élections. Pou moi réforme électorale, c’est avant tout ène système ki plis approprié pou ène pays moderne et ki cimente nou l’unite nationale. C’est ki faire, mo pas oulé ni perdi létemps, ni rentre dans aucène polemiques avec responsables banne partis politiques, ki zotte même, quand zotte ti ena majorité requise pou amène reforme à plusieurs reprises – en 1982, 1991 et 2000 — zotte pas fine faire li », a observé le Premier ministre
Navin Ramgoolam a affirmé sa volonté de publier un livre blanc sur la réforme électorale en vue de présenter toutes les options possibles. La population aura l’occasion de participer à ce débat. « Après cette étape, le gouvernement viendra avec un projet de loi et j’espère que nous arriverons à un consensus afin d’aller de l’avant », a-t-il souhaité.
Le Premier ministre est revenu dans le cadre de son intervention sur le chemin parcouru depuis l’Indépendance sur le plan économique et social. « Li important ki nou arête ene moment, nou réfléchi ensam, nou guette dans même direction. Et nou félicite nou même en tant ki nation de sa parcours exceptionnel ki nou fine faire ensam. »
Le Premier ministre a attribué la réussite mauricienne à sa démocratie, à sa stabilité politique et à ses institutions indépendantes. « Nou bizin realisé – aucène investisseur pas pou mette so l’argent dans ene pays cotte pas ena stabilité politique et institutions indépendants. Sans investissements – pas ena croissance. Et sans croissance – nou pas capave continué progressé et investi comment nou pé faire – dans infrastructures, dans la santé, dans l’éducation parmi d’autres. Pas ena beaucoup pays dans le monde, cotte la santé gratuit, l’éducation gratuit. Transport pou étudiants et personnes âgés gratuit », a-t-il dit.
L’opposition n’a pas été épargnées. « Pou sé ki critiqué sans cesse, trouve narien pas bon, jamais satisfait – mo dire zotte réalisé kot nou sorti, cotte nou été azordi et au lieu reste négatif – pense plutôt pou construire nou pays – pou nou capave alle plis loin encore. L’avenir nou pays bizin passe avant tout l’intérêt partisane. Ou pas capave reste en campagne électorale permanent juste par ce ki ou fine perdi élection. Tout quitchose ena so le temps », a-t-il fait comprendre.
Selon lui, « la grande majorité des Mauriciens est silencieuse mais apprécie ce que nous faisons ». Un sondage paru en février dernier indique que 78 % de la populaton est satisfaite de leurs conditions de vie. « Imaginé ki résultat sa même sondage ti pou été en 1968 quand nou ti gagne nou l’indépendance ! », s’est-il demandé.
« Bien sûr, nous avons nos différences comme partout dans le monde, mais nous savons régler nos propres problèmes. Nou fine toujours montré compréhension et compassion pou les autres et nou toujours rode solution dans consensus. Li important ki nou realisé ki même si nou sorti depi differents continents, même si nou cultures differents, azordi nou dans même bateau, nou partage banne même valeurs et principes. C’est ça ki faire nou l’unité – et c’est ça ki impressionne tou dimoune ki vine à Maurice. Luc Ferry, philosophe et ancien ministre Français de l’Éducation ki ti vine ici pou le Salon du Livre, ine décrire Maurice couma ene “modèle de co-existence”. »
S’agissant de sa vision du pays, le Premier ministre a exprimé sa volonté d’avoir un pays moderne où tout le monde se sente partie prenante du développement en cours. « Je veux un pays où tous les citoyens connaissent leurs droits mais aussi leurs devoirs », a-t-il dit. À ce propos, il a fait mention de la loi révolutionnaire sur les droits égaux (Equal opportunities Act). « Cette loi transformera la société. » C’est pas banne passe droit, c’est pas ou nom ou bien ou couleur, ou race ou kotte ou sorti ki pou compté – c’est la méritocratie et zeffort ki ou faire. Moi mo croire fermement ki bizin récompense l’effort », soutient Navin Ramgoolam.
Le PM a conclu son intervention en affirmant que dans un contexte économique international difficile, il faut rester optimiste parce qu’il y a des grandes opportunités qui profilent à l’horizon. Il a insisté sur le fait que ceux qui vivent à Maurice, à Rodrigues, à Agalega ou à St Brandon et les îles représentent un seul pays, une seule nation et ont un seul destin.