Un sondage mené par Gender Links auprès de 4 000 Mauriciens en 2012 indique que 77,3 % des femmes interrogées pensent qu’elles doivent obéissance à leur mari, alors que 83,3 % des hommes estiment que leurs épouses doivent leur obéir. Ces données ont été publiées dans le rapport d’état sur la violence à l’égard des genre (2012) sous le thème « Personal gender attitudes » et diffusées par Gender Links Mauritius récemment.
Si en général la grosse majorité des interviewés pensent que les hommes et les femmes doivent être traités à égalité, au sein du couple, l’on remarque que non seulement l’homme pense que la femme lui doit obéissance, mais la femme également.
Cette tendance conservatrice est très présente à plusieurs niveaux au sein de la famille. 78,9 % des femmes et 82,4 % des hommes sont d’avis que l’épouse doit avoir l’autorisation de son mari pour exercer un métier payant. 18,2 % des hommes pensent que si la femme travaille, elle doit remettre son argent à son mari. 12,7 % des femmes pensent également ainsi. Lorsqu’il s’agit des discussions et des prises de décision au sein de la famille, 44,3 % des hommes pensent que l’homme de la famille doit avoir le dernier mot, contre 16,3 % des femmes.
Sur le plan sexuel, 15,9 % des hommes sont d’avis que s’ils ont payé la dot au mariage, leur femme leur appartient et 12,3 % sont d’avis qu’elles n’ont pas le droit de refuser d’avoir des relations sexuelles avec eux à chaque fois qu’ils en ont envie. Ce sentiment est présent chez 10 % des femmes. 6,4 % pensent effectivement que si le mari a payé une dot, elles leur appartiennent. 38,4 % des hommes contre 29,8 % des femmes estiment que la femme ne peut pas refuser d’avoir des relations sexuelles avec son mari.
Plus de la moitié des hommes interrogés, soit 54,5 %, estiment qu’ils ont le droit de punir leur femme si elle fait quelque chose qu’ils considèrent comme une faute. Elles sont 37,8 % à penser ainsi. Sur le plan des relations extraconjugales, 20,9 % des hommes pensent que la femme ne peut rien faire si le mari a choisi d’avoir une amoureuse en dehors du couple, et 21,8 % de femmes se sentent vulnérables dans cette situation.
Le sondage teste aussi l’attitude des hommes et des femmes vis-à-vis du viol. L’on remarque que 59 % des hommes interrogés estiment qu’il faut questionner la moralité de la femme lorsqu’elle est victime de cet acte odieux contre 1,6 % de femmes. De plus, un homme sur deux pense que si une femme ne lutte pas, l’acte ne peut être considéré comme un viol. Et elles sont une sur trois femmes à penser ainsi. 37,1 % des femmes interrogées pensent qu’un mari peut violer sa femme contre 33,5 % des hommes.
Ils sont également nombreux à penser qu’une femme violée l’a souhaité ou l’a cherché. Selon ce sondage, 22,9 % des femmes contre 27,7 % des hommes pensent que la femme l’a voulu et 13,8 % des femmes contre 22,3 % des hommes sont d’avis que « she is usually to blame for putting herself in that situation ».
A noter cependant que les données publiées dans le rapport n’évoquent pas les attitudes dans le sens inverse, soit de savoir par exemple si un mari doit obéir à sa femme, si le mari appartient à sa femme ou s’il peut faire quelque chose si la femme choisit d’avoir un amant.