Les résultats d’une étude menée par Moriscopie Transparency Mauritius, compagnie affiliée à Transparency International, sur la corruption chez les jeunes ont été rendus publics. Sur les 558 interviewés, âgés de 18 à 29 ans, il ressort qu’un Mauricien sur trois serait corruptible.
Ce sondage avait quatre axes majeurs : l’intérêt des jeunes pour la politique, leur attitude vis-à-vis de la politique et de la récompense, leur avis sur la gestion des finances des partis politiques et les raisons liées aux difficultés de trouver un emploi ainsi que les perspectives d’avenir.
L’étude a montré que les jeunes ne sont pas simples et ingénus car plusieurs d’entre eux ont affirmé ne pas accepter de récompense venant de l’État sous forme de pot-de-vin étant donné les conséquences qui découlent de cet acte. De plus, un tiers des jeunes trouvent logique ou normal qu’un politicien récompense ceux et celles qui l’ont soutenu pendant la campagne électorale en leur offrant des postes importants dans le secteur public. D’ailleurs, 15 % des sondés ont reconnu avoir eu recours à cette pratique.
Toutefois, il ressort de cette étude que plus de la moitié des jeunes ne s’intéressent nullement à la politique. Mais cette attitude changerait uniquement si les politiciens leur proposaient une récompense. Par exemple, si les partis politiques ne mettaient pas à leurs dispositions certaines facilités, les jeunes ne s’intéresseraient pas à eux.
De plus, la majorité des sondés considèrent qu’avoir un « backing » politique serait un avantage pour trouver un emploi plus aisément. Il a été relevé que les relations politiques et la corruption étaient bien ancrées dans la façon de penser et d’agir des jeunes. D’ailleurs 72 % des sondés sont pessimistes quant à leur avenir. « C’est un problème qui interpelle, voire même malsain », explique Ibrahim Koodoruth de Transparency Mauritius.
Par ailleurs, la plupart des personnes interrogées se disent en faveur d’un mécanisme pour réglementer le financement des partis politiques. 84 % des jeunes pensent qu’il faudrait plus de transparence de la part des politiciens surtout quand on parle de réforme électorale. Avec la situation actuelle à Maurice, les jeunes pensent qu’il n’y a pas beaucoup d’avenir pour le pays.
Pour faire de l’île Maurice un pays meilleur, Moriscopie suggère un bon encadrement des jeunes afin de lutter contre la corruption. « Il y a de l’espoir chez les jeunes, ils sont l’avenir. » Mais d’un point de vue général, Ibrahim Koodoruth maintient qu’« on a tous un rôle à jouer concernant le fléau qu’est la corruption ».