Après avoir perdu leur faction et être devenus des fugitifs, Tris et ses compères se réfugient chez les Fraternels. En proie au danger, Tris va devoir combattre ses vieux démons afin de protéger les divergents… Abandonnant une ville à feu et à sang, à la recherche d’alliés, Tris et Four sont désormais traqués par les autorités. Janine décrète la loi martiale pour anéantir les Divergents, tandis que la guerre entre les factions prend de l’ampleur. La découverte d’un objet mystérieux, hérité du passé, pourrait bien bouleverser l’équilibre des forces…
Tout commence par un cauchemar qui extirpe Tris de son lit. Vêtue d’une robe pyjama virginale, elle sort un ciseau et se coupe les cheveux avec une douce rage. Elle veut tout simplement enterrer la jeune fille qu’elle était, tout comme elle a enterré ses parents avant de prendre la fuite avec son frère Caleb (Ansel Elgort), son petit ami Quatre (Theo James) et son ennemi de toujours Peter (Miles Teller).
C’est ainsi que débute la suite de la saga à succès Divergente. Un an après le premier volet, nous retrouvons notre héroïne en pleine crise existentielle. Souvenez-vous, elle a quasiment tout perdu : ses parents, ses amis, sa faction (les audacieux), cette joie de vivre qui commençait enfin à l’animer. De plus, la belle aux yeux de chat culpabilise pour la mort de ses parents ainsi que celle de son ami Will qu’elle a dû abattre elle-même pour sauver sa peau. Tout en essayant de fuir l’infâme présidente des Érudits (Kate Winslet), elle va devoir supporter le poids de ses actes qui l’empêche d’avancer.
Ces quelques scènes d’introduction tentent de remettre « l’exploit » du premier volet de la saga qui démarrait comme un conte froid et captivant mettant en scène un totalitarisme barbare où les classes sociales et l’oppression règnent en maîtres. L’immersion dans ce second volet est aussi forte que dans le premier, peut-être parce que l’action est davantage au rendez-vous. Composé d’insurgés, le groupe est désormais animé par la vengeance et la fureur. Cette deuxième partie décolle à plein régime.
On se réjouit de retrouver une héroïne telle que Tris. Une héroïne aussi atypique que sa grande soeur Katniss dans Hunger Games : forte, indépendante et volontaire (même si on finit par avoir l’impression qu’elle n’en fait qu’à sa tête et qu’elle est une copie des personnages masculins de films d’action avec leurs gros pistolets et l’usage abusif de coups de poing et de pieds dignes d’un Jason Statham).
Il faut bien se l’avouer qu’en général, dans la littérature adolescente, la place de la femme fait cruellement défaut. Il y a l’exception Hunger Games, l’émancipation d’Hermione dans Harry Potter, mais de Numéro Quatre au Labyrinthe, les jeunes filles sont souvent des figurantes pour des jeunes hommes qui veulent prouver qu’ils sont des mâles au torse (pas encore trop) velu. Dans Twilight, Bella, incarnée par une Kristen Stewart à la mono expression, subit, souffre et ne se bat pas sans l’aide de son vampire protecteur Robert Pattinson.
Ici, Shailene Woodley se change en véritable arme de destruction massive, cassant la gueule de Miles Teller (irrésistible et cruellement drôle en méchant) et de tous ceux qui se mettent sur son chemin. Pas une once de différence avec un castagneur sur testicules. Même si Theo James et sa plastique de rêve combat à ses côtés, elle se débrouille très bien toute seule et remet l’égalité hommes-femmes au coeur d’un film d’action classique ! Chapeau, Shailene…