Depuis le début de l’année, plusieurs cas de femmes ayant perdu la vie sous les coups violents de leur mari ou compagnon ont défrayé l’actualité locale. Ambal Jeanne, directrice de SOS Femmes, rappelle que plusieurs femmes continuent à subir la violence en silence.
Dans le centre de SOS Femmes, le téléphone ne cesse de sonner depuis quelques jours. “Ça n’arrête pas. Depuis les récents cas de femmes mortes tristement, les femmes ont peur et cherchent notre aide et nos conseils. Certaines ont pris conscience que le silence ne va pas résoudre leur problème. Les gens viennent aussi nous demander ce qu’ils doivent faire s’ils sont témoins de violence dans leur voisinage ou leur entourage. Une prise de conscience qui ne peut qu’être bénéfique pour les nombreuses victimes”, confie Ambal Jeanne, la directrice de SOS Femmes.
Le constat est sans appel. “L’ampleur de la violence domestique est très grande et tous les milieux sociaux sont concernés. Culturellement et sociologiquement, l’homme domine encore la femme dans certains milieux traditionnels et très conservateurs. C’est la raison pour laquelle elles sont nombreuses à souffrir en silence, sans chercher de l’aide. La honte, la peur et l’échec prennent alors le dessus et elles s’enferment dans leur enfer. Même si la société évolue, la mentalité vis-à-vis des femmes tarde à changer. Aujourd’hui encore, les gens ont tendance à montrer du doigt celles qui ont pris la décision de vivre loin des coups et de la colère de leur conjoint. Ce pas vers leur dignité n’est jamais une décision facile à prendre. Il faut donc les encourager.”