Le Premier ministre a déclaré hier au milieu d’une foule de partisans du Parti travailliste que « le retour de SAJ ne me fait pas peur ». C’était après l’inauguration du deuxième tronçon de l’autoroute du Nord Sottise-Forbach. Navin Ramgoolam a estimé que la décision du président de la République de démissionner « est une bonne chose pour les institutions et la démocratie ».
Si pendant la partie officielle le PM s’est abstenu de commenter les derniers développements politiques en axant son discours sur les réalisations gouvernementales pour le réseau routier, le ministre des Infrastructures publiques Anil Baichoo, lui, n’a pas manqué d’y faire allusion. « Isi nou travay, nou pa defann lintere garson », a-t-il lancé.  
Navin Ramgoolam et Anil Bachoo ont misé hier dans leurs discours sur les investissements massifs dans le développement des infrastructures, énumérant les nombreux projets déjà réalisés, ceux en cours et ceux dont les travaux démarreront dans les prochains mois. « Devlopman pe fer partou. Nou pe fer osi pou Rodrigues, pou Agalega. Nou le ki sak rezion, sak kartie, santi ki li parti prenant dan devlopman pei », a affirmé le Premier ministre.
En évoquant les développements majeurs concernant des infrastructures routières, le chef du gouvernement en a profité pour faire la leçon aux automobilistes qui « ne savent pas contrôler leur véhicule » et qui sont peu soucieux du code de la route. Navin Ramgoolam a indiqué que le gouvernement compte venir avec de nouvelles législations pour renforcer la sécurité routière. « Sekirite routier li pa ve dir zist met bon sime. Bizin ki dimounn konn kondir. Zot bizin konn kontrol zot loto », prévient-il.
Le Premier ministre a toutefois déclaré qu’il ne croyait pas en l’efficacité des comités pour faire avancer les projets et préférait les personnes qui prennent des initiatives pour des actions concrètes. « Mo pa kroir dan bann zafer komite lor komite e bann sou-komite. Se resilta ki konte », a-t-il dit tout en faisant l’éloge de son ministre des Infrastructures publiques. « Si pa ti ena dimoun kouma Anil Baichoo travay pa ti pou avanse. »
De son côté, Anil Baichoo est d’avis que le chef du gouvernement a « une grande confiance » en ses ministres et leur donne « une grande liberté » pour travailler. « Kot ou vire ena devlopman partou. Se pa selman simin ki fin aranze me batiman piblik osi. Dan la sante osi enna bann bizou. Nou finn konstrir lopital Jeetoo ki enn lopital 5-étoiles e ou ena osi bann Mediclinics. Mo pa pe koz MedPoint… »
Il y avait certes hier une bonne foule de sympathisants rouge à la cérémonie d’inauguration du deuxième tronçon de l’autoroute du Nord Sottise-Forbach. Ils se bousculaient pour s’approcher du leader du Parti travailliste. Cependant l’enthousiasme témoigné par un petit groupe de dames avec leur dholok à l’arrivée de Navin Ramgoolam n’était pas généralisé sous la salle verte.
Les quelques ministres et députés présents affichaient de timides sourires devant les photographes de presse et étaient très peu bavards à l’heure des rafraîchissements. Le Premier ministre semblait lui-même quelque peu tendu et a été d’ailleurs très bref dans ses commentaires par rapport à la démission de sir Anerood Jugnauth annoncée pour en fin de semaine. « Si Anerood Jugnauth dit qu’il va effectivement démissionner c’est une bonne chose pour l’institution et pour la démocratie. J’avais dit lors de ma conférence de presse que s’il veut faire de la politique il devra choisir. Il ne peut faire de la politique tout en restant au Réduit, c’est incompatible », dit le Premier ministre.