Situé dans le sud du pays, entre Union St-Aubin et Surinam, Souillac est doté d’un important cachet historique. Le poète Robert-Edward Hart repose dans le cimetière marin et le musée de La Nef lui est consacré. La poste est construite sur l’ancienne gare ferroviaire; le poste de police renferme dans sa cour des vestiges historiques comme l’ancienne boulangerie; l’ancienne Cour a été érigée à l’époque française : ils font partie du patrimoine historique du pays. Le village tient également sa réputation de ses lieux populaires que sont La roche qui pleure et Rochester Falls.

Un climat clément en général et extrême en certaines périodes, une brise de mer qui atténue les effets de la chaleur estivale : Souillac fait partie de ces régions où il fait ni trop chaud ni trop froid. Les habitants du village s’y plaisent. “Il fait bon vivre ici. C’est un endroit que j’aime beaucoup”, nous confie Jayantee Padaruth, qui exerce le métier d’éboueur. “Pour rien au monde je ne quitterai Souillac. C’est un endroit qui a conservé sa tranquillité et sa nature. Les gens sont extrêmement gentils. J’ai travaillé dans plusieurs endroits et la différence de mentalité chez les gens est impressionnante. Il existe un vivre-ensemble extraordinaire entre les communautés. Les jeunes sont respectueux envers les aînés. Du côté du law and order, il n’y a jamais vraiment de problèmes”, affirme Iqbal Fatemamode, enseignant au cycle primaire.

La plage de Gris-Gris a un cachet unique.

Spectacle majestueux.

La mer houleuse en permanence à cause de l’absence de la barrière de corail et donc de lagon, constitue paradoxalement un de ses atouts. On est happé par ces grosses vagues qui harcèlent sans arrêt les rochers. Cette frayeur des éléments semble attirer la foule vers “La roche qui pleure”, morceau de falaise qui s’est déployé vers l’océan. Il offre au public une plate-forme bienvenue pour s’imprégner des éléments peu cléments des environs. Se faire éclabousser par l’eau salée et sentir ce vent permanent sur le visage est un vrai régal.

Rochester Falls, petit bijou de l’endroit.

Autre lieu populaire du village : Rochester Falls. Constamment visité en semaine comme en week-end, l’endroit est accessible par les champs de cannes et leurs sentiers jonchés de pierres. Mais ce périple douloureux pour les amortisseurs vaut la peine d’être parcouru pour la splendeur des lieux. La chute d’eau permanente offre un spectacle majestueux, un vrai diamant niché dans le sud profond. Certains téméraires s’autorisent des sauts dans le petit lac formé à une dizaine de mètres du sommet de la cascade.

Robert-Edward Hart.

Souillac, fierté du sud où vivent quelque 10,000 âmes, jouit d’une bonne réputation. Il évoque à lui seul le sud sauvage, attirant son lot de visiteurs, étrangers et Mauriciens. Notamment pour son cachet historique. Son nom lui a été donné en l’honneur de François Vicomte de Souillac, gouverneur de l’île de France, de 1779 à 1787.

Mais son habitant le plus célèbre n’est autre que le poète Robert-Edward Hart, né à Port-Louis en 1891 mais qui est décédé à Souillac en 1954. Il a passé les treize dernières années de sa vie dans le village. Il repose au cimetière marin, lui-même un site historique. Le poète a tellement marqué l’histoire qu’un musée, La Nef, lui est consacré. Dans les parages, le jardin Telfair est également un endroit qui mérite le détour.

Mais quelques soucis entachent la beauté de Souillac. En effet, la boue s’entasse dans les eaux autour du pont du batelage et pose plusieurs problèmes. “Les nombreux bateaux de pêche qui y sont amarrés ont beaucoup de difficultés à quitter le pont, surtout à marée basse. Cela concerne également les garde-côtes qui y ont leur base. Si la boue continue à s’entasser et que des personnes se retrouvent en difficulté en mer, les garde-côtes risquent de ne pas pouvoir les secourir, en étant incapables de sortir leur bateau du batelage ou en prenant trop de temps pour en sortir. Il est impératif qu’on fasse un dragage à cet endroit.” Ces amas de boue peuvent provoquer des snap waves. “Cela peut faire chavirer les bateaux qui y sont amarrés.”

Pollution.

La pollution est également un souci qui ternit la réputation de l’endroit. Des terrains laissés à l’abandon et quelques actes d’incivisme sont à déplorer, souligne le président du conseil de village, Vela Gounden. “Ces terrains en friche gâchent le paysage, tout comme les mauvaises habitudes qu’ont certains de jeter des ordures un peu partout. Même le District Council nous pose des problèmes en déposant des déchets non loin de l’école primaire du village. Ces ordures attirent notamment des rats et posent un problème sanitaire que l’on doit régler en urgence. Nous avons déjà alerté les autorités.”

Jayantee Padaruth aime la tranquilité du village

L’autre grosse anxiété des habitants est la léthargie des autorités concernant la préservation du patrimoine historique. Selon Nizam Ramjaun, conseiller du village, il est prévu que l’ancienne Cour soit détruite pour y construire la nouvelle Cour. Cette ancienne Cour a été érigée à l’époque française. “Nous nous opposons à ce projet. Ce bâtiment a une valeur inestimable. Il ne faut pas le démolir mais tout faire pour le conserver.” La poste, qui a été bâtie sur l’ancienne gare ferroviaire, ainsi que les vestiges présents dans la cour du poste de police, sont des éléments du patrimoine qui demandent à être préservés. Pour Vela Gounden, la mise en place d’un front de mer reliant tous ces lieux historiques est un projet qui aurait dû être initié.

Autre sujet de discorde : la transformation du Multipurpose Complex en quartiers généraux du District Council de Savanne. “On nous avait promis que ce serait temporaire, mais cela fait six ans qu’il en est ainsi. Les habitants sont privés de cette salle qui leur offrait des activités saines.”