C’est un sentiment de révolte qui anime les habitants de Souillac. Après l’inondation des maisons suite aux averses d’hier soir, ils ont décidé de tenir une manifestation à la rue Pitot. Ils mettent en cause le système de drain. Selon eux, c’est un problème qui dure depuis 20 ans. Ils soutiennent qu’ils ne bougeront pas tant qu’une solution n’est pas trouvée.
Une cinquantaine de Souillacois se sont rassemblés depuis 3 h à l’angle de la route Royale et de la rue Pitot. Lundi soir, la plupart des maisons étaient inondées déjà. Et les averses d’hier n’ont pas arrangé les choses.
« Depuis 3 heures du matin nous sommes là. Nous demandons au député de faire un constat des lieux. À 7 h, il n’était toujours pas là ! Cela ne nous fait pas plaisir de rester sous la pluie… », s’insurge Mariam Gouthur.
En l’espace de deux nuits, beaucoup de Souillacois ont tout perdu. Certains n’ont même plus de quoi se vêtir, l’eau s’étant infiltrée dans les habitations.
« Delo inn pas par lafenet. Mo bann tifi ti pe dormi lerla », témoigne Hassen Goburdhun. Reshmi Gungabisoon a quant à elle tout perdu en une nuit. « Tou mo meb, mo larzan, lanouritir inn fini », s’attriste-t-elle.
Les averses ont aussi perturbé les activités économiques du village. Aslam Nuthoo, vendeur de dholl puri, fait part que ses produits ont été abîmés avec l’inondation. Gowhur Farad, mécanicien, n’a pu exercer aujourd’hui, son garage étant inondé.
Les habitants de Souillac sont d’avis que le système de drains aménagé sur cinq morcellements ne serait pas adapté pour contenir le volume d’eau par temps de fortes précipitations. Les Souillacois se demandent comment « des permis ont pu être délivrés sans vérification du système de drain ».
Reaz Hosenbocus, ex-président du Village Council, soutient qu’il a évoqué en vain ce problème à maintes reprises au District Council et à la NDU. « Ils n’ont jamais daigné faire un constat des lieux. Il est temps que les autorités prennent ce cas en considération. Que le ministre vienne sur le terrain », a-t-il soutenu.
Les Souillacois, très remontés, soutiennent que « enough is enough. Travo bizin koumanse zordi mem. Nou pou rest lor sime sinon ».