Acteur de rue, comédien, danseur, rassembleur autour d’une dynamique culturelle, Soumette Ahmed s’explique sur ses projets artistiques : le théâtre Djembé, Le Centre de Création Artistique (CCA) Comores et surtout le projet pilote d’une école de théâtre. Rencontre avec le fondateur et acteur de la troupe du Théâtre National des Comores (TNC) qui a longtemps mis en lumière les traumatismes de la vie et veut donner à ses mots une dimension nouvelle.
Il est depuis 2001 animateur de théâtre scolaire dans plusieurs écoles aux Comores. Soumette Ahmed, acteur et metteur en scène comorien, est diplômé d’Etudes Théâtrales au Conservatoire Régional du Grand Avignon. L’ancien clown du quartier et figure de divertissement pour ses amis d’école, rêve d’une ouverture au monde et dans la région avec son projet pilote d’école de théâtre. Fort de sa formation et son expérience acquises en participant à divers stages qu’il a effectués aux Comores, en France, à la Réunion, à Madagascar et au Mozambique, Soumette a dirigé plusieurs ateliers de théâtre aux Comores, à Madagascar et en France. Il a participé dans divers festivals (Festival d’Avignon, Festival Nuits métis à Marseille, à Miramas, L’Oeil du Cyclone au Centre Dramatique de l’océan Indien à la Réunion, La passe en scène à Mayotte, Festival du monde en Autriche…). Son passage à Avignon lui a permis d’avoir des indications sur le théâtre. Aujourd’hui, il fait fonctionner à la fois le TNC, LeThéâtre Djuembé,une Compagnie de Théâtre professionnelle à but non lucratif créée en juin 2006. Le but : “Travailler ensemble et devenir un pôle d’action artistique et d’échanges culturels au niveau national et international. Favoriser les liens sociaux, encourager la créativité par la promotion du théâtre, de la culture et des activités artistiques.” Les créations, ateliers, festivals, résidences et tournée dans l’océan Indien, au Mozambique et à Marseille, ont permis à Soumette de prendre du recul et de bâtir un projet, construire un nouveau langage au contact des imaginaires et selon l’esthétique du vivre-ensemble. “Le théâtre comorien en général souffre d’un manque de visibilité, de structure, de critique, d’une circulation de la pensée, sans doute comme toute parole émergente. Cette parole est à la recherche d’un public attentif non pas pour une joute verbale polémique et stérile mais pour une interrogation profonde sur nos trajectoires rompues. Des interrogations sur notre être là, sur ce que nous désirons fondamentalement, sur ce que nous pouvons attendre de la vie, sur ce que nous sommes en mesure de faire pour que la confrontation des paroles nous préserve de la schizophrénie victimaire. Pour que notre mémoire ne soit pas un artifice sous la manigance de marionnettistes patentés…”Nous transmettons ce texte deNassuf  Djailani, journaliste et auteur associé au projet de réalisation du Centre de Création Artistique des Comores pour soutenir ces jeunes dans leur démarche. Soumette bénéficie déjà de partenariats importants pour  l’ouverture de cette école (Conservatoire Rayonnement Régional du Grand Avignon, la Cie de François Cervantès, Marseille, Le Théâtre des Halles, l’Association de solidarité international, entre autres). Mais ce n’est pas assez. Le CCA est porteur d’une dynamique culturelle avec une dimension populaire mais les financements ne sont pas grasses. Soumette et son collectif d’artistes déploient les énergies nécessaires pour développer la politique du CCA Comores  : organiser des spectacles, expositions, ateliers interactifs et ouverts sur des publics variés; explorer et promouvoir les différentes facettes du patrimoine culturel et de l’identité comorienne; impliquer la jeunesse dans la vie culturelle comorienne et contribuer à leur redonner des références et valeurs identitaires; promouvoir l’écriture, la création nationale d’expression comorienne, française et arabe. Ces projets faciliterontles échanges et rapprochements entre les artistes comoriens des 4 îles de l’Union des Comores et des différentes disciplines (Théâtre / musique / écriture / arts plastiques / danse …). Rappelons qu’il y a eu dans le passé des échanges entre Maurice et Madagascar avec un projet unique du théâtre de l’ACOI. Un contact pour ceux qui souhaitent se joindre aux activités du CCA Comores : email: ccacmavuna@gmail.com. Fédérer, sensibiliser, par des mots, c’est peut-être ça la magie du théâtre.