Avec la première tempête tropicale Amara, qui se présente comme une menace avec une alerte I dès ce matin, Rodrigues se trouve déjà sur le qui-vive. Dès l’ouverture des bureaux de l’administration ce matin, le Chef Commissaire de l’Assemblée régionale de Rodrigues, Serge Clair, a présidé une première séance de travail du comité d’urgence sur les cyclones. Sur l’île, des signes de détérioration du temps sont visibles avec un temps couvert, de la pluie sur certaines parties de l’île et des premières rafales à 50 km/h. Le Cyclone Committee, qui a déjà une première série de mesures d’urgence, devra se réunir dès que les services météorologiques décideront de passer en classe II (voir prévisions plus loin).
Le Chef Commissaire de Rodrigues, entouré d’une cinquantaine de fonctionnaires, a passé en revue les dispositions à prendre dans les différents secteurs pour faire face à la situation au cas où Amara se mettrait à se rapprocher dangereusement de Rodrigues. Une des premières mesures concerne la desserte aérienne entre Rodrigues et Maurice, surtout pour le transfert de touristes et autres visiteurs intéressés à écourter leur séjour pour cause majeure.
Les informations recueillies par Le Mauricien auprès des milieux autorisés à Rodrigues indiquent que la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, a augmenté la fréquence de ses rotations entre Maurice et Rodrigues pour la journée. Sept vols, au lieu des quatre prévus, sont annoncés pour aujourd’hui en vue de satisfaire cette demande imprévue de sièges par avion alors qu’en principe, avec les fêtes de fin d’année, Amara vient jouer au trouble-fête.
Dépendant de l’évolution du temps, demain matin, d’autres vols pourraient être organisés pour le transfert de ces passagers. Les indications sont que les services au Sir Gaëtan Duval Regional Airport ont été pris d’assaut dès ce matin par des passagers voulant rentrer à Maurice le plus tôt possible pour éviter de passer tout éventuel cyclone à Rodrigues. La Planning Division de la compagnie aérienne nationale met actuellement les bouchées doubles pour toute possible reprise après la fermeture de l’aéroport pour cause de mauvais temps.
Une autre urgence a gérer concerne le cas des 83 élèves du Certificate of Primary Education (CPE), qui devront prendre part à la première édition des examens de ‘resit’ prévus pour demain. Les responsables de la Commission de l’Education de l’Assemblée régionale de Rodrigues sont en consultations avec la Météo pour décider de la marche à suivre. Les parents de ces élèves seront avisés, dépendant de l’évolution du temps. Des dispositions spéciales ont aussi été évoquées pour le versement des diverses allocations aux bénéficiaires des prestations sociales en cette période de fin d’année.
Ce matin, la principale préoccupation de la communauté des pêcheurs de Rodrigues était de faire rentrer ceux qui étaient partis en mer très tôt, soit avant 4 heures ce matin. Avec les moyens de communications disponibles, ils ont été avertis et ont pu regagner le rivage de manière prématurée. Les embarcations de pêche ont été sécurisées sur la plage en cas de houles cycloniques.
Les services d’urgence – que ce soit du côté de la police, de la santé, des sapeurs-pompiers et du Central Electricity Board, la Croix Rouge et le Rodrigues Council of Social Services – sont déjà en présence des protocoles d’intervention bien établis avec un accent particulier sur un système de communication à toute épreuve entre la MBC et la station Météo de Pointe-Canon. Vu l’éloignement des casernes des pompiers, les autorités ont pris la décision d’aménager une station temporaire de pompiers à Manique-La Ferme pour des interventions, vu que cette région du Sud est sujette à des débordements à hauteur des radiers de Baie-Malgache et de Baie-du-Nord.
Depuis ce matin, la population de Rodrigues prend des précautions d’usage en période de cyclones en consolidant leurs habitations et en faisant des provisions supplémentaires. Les Rodriguais sont également informés de manière régulière sur les précautions et les mesures de sécurité à prendre pour se protéger des risques.