La maison Eurêka (Moka) prête sa véranda au théâtre pour situer l’action de Sous la varangue. Une histoire d’amour irrésolue à travers les générations. En filigrane s’inscrit une recherche du dodo. Métaphore d’une identité mauricienne. Scope rencontre le dramaturge et metteur en scène Christophe Botti. La première représentation est prévue le jeudi 12 novembre.
Il cite de mémoire des vers du poète Paul-Jean Toulet. “Jardin qu’un dieu sans doute a posé sur les eaux / Maurice, où la mer chante et dorment les oiseaux.” Néanmoins, c’est grâce au dodo dans Alice au pays des merveilles que Christophe Botti voue une passion à notre pays. Son frère Stéphane et lui se documentent sur le dronte disparu, et sur l’île où vivait le mystérieux oiseau. Cette terre des Mascareignes devient une patrie imaginaire. Ils apprennent à la connaître dans les romans de J.M.G. Le Clézio, qui paraissent à la même époque, et avec le Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre et les poésies de Charles Baudelaire ou de Toulet.
Christophe Botti collectionnera des timbres en provenance de Maurice. Une manière ludique pour un petit Français de découvrir le pays au travers de vignettes représentant des ponts, des palmiers, le pigeon des mares, une scène de l’occupation hollandaise. Une autre sur l’immigration indienne ne le laisse pas insensible. Ces imageries enfantines ressurgiront dans un imaginaire nourri d’oeuvres littéraires mauriciennes. La somme de ces voyages livresques engendre une fiction. Elle répond à un besoin de raconter le monde, tout autant qu’au désir d’emmener les spectateurs dans un voyage théâtral.