Commentant la grève de la faim des victimes collatérales du démantèlement du groupe BAI, Paul Bérenger, leader du MMM, estime que le gouvernement se doit d’honorer ses engagements envers ces derniers. Il rappelle en effet que celui-ci s’était engagé à rembourser tous les souscripteurs du Super Cash Back Gold (SCBG) de même que les clients de Bramer Asset Management. Il met toutefois en garde le gouvernement d’avoir recours à la SICOM pour se tirer d’affaire et rappelle que les fonds de cette autre société d’assurances à capitaux publics sont constitués de « l’argent sacré des salariés ».
Paul Bérenger ne manque pas de rappeler comment le Premier ministre d’alors, sir Anerood Jugnauth, de même que Pravind Jugnauth et Roshi Bhadain, avaient pris soin de retirer tout leur argent de l’ex-Bramer Bank l’annulation du permis d’opérer de cette banque du défunt groupe BAI. Pour lui, une telle pratique équivaudrait ni plus ni moins à un délit d’initié. Pour rembourser toutes les victimes des plans d’assurances de la BAI, Paul Bérenger met le gouvernement en garde contre tout recours à la SICOM.
De même, dit-il, au cas où il s’avisait à céder la National Insurance Company (NIC) à des investisseurs locaux ou étrangers, le gouvernement doit garantir le maintien de tous les droits et privilèges des 135 283 souscripteurs de cette société d’assurances. Critique à l’égard du nouveau ministre des Services financiers et de la Bonne Gouvernance, Sudhir Sesungkur, le leader des mauves le presse à respecter les engagements pris envers à la fois les victimes du SCBG et ceux de Bramer Asset Management.
Roshi Bhadain, prédécesseur du ministre Sesungkur aux Services financiers, en prend aussi pour son grade. « Pour tout ce qui concerne la gestion de l’affaire BAI, Bhadain aurait dû avoir la décence de la boucler et donner au moins le temps à la population d’oublier ses frasques en tant qu’ancien ministre du gouvernement Lepep », estime Paul Bérenger. Invité à dire si le gouvernement n’aura pas finalement à puiser des fonds publics pour rembourser les victimes de la BAI, le leader du MMM déclare que cela est déjà le cas.
Il rappelle notamment que la Banque de Maurice (BoM) a déjà avancé Rs 3,5 milliards au gouvernement pour assurer l’intendance après l’écroulement du groupe. « On verra bien ce qu’aura à dire le gouverneur de la Banque centrale, Ramesh Basant Roi. » Paul Bérenger rappelle que le ministre de tutelle a lui-même révélé qu’il y a encore un trou de Rs 9 milliards à combler. Dans le cas particulier de NIC Ltd, le leader du MMM prend l’engagement qu’une fois au pouvoir, un gouvernement MMM soumettra la NIC à une étude d’actuaire en vue de déterminer sa fiabilité financière.
D’autre part, Paul Bérenger déclare que son parti est « fondamentalement » en faveur d’un mode alternatif de transport par voie ferroviaire tel le Métro Express. Il dit toutefois constater qu’en dépit de la généreuse subvention indienne de près de Rs 10 milliards à ce projet, une « grande majorité » de Mauriciens estimeraient qu’un tel projet serait financièremenht insupportable. En conformité avec l’avis exprimé tant par la Banque mondiale (BM) que par la Banque africaine de développement (BAD), le leader du MMM trouve qu’il convenait d’attribuer le contrat de construction du projet à celui qui aurait eu le contrat de conception.
« Dans le cas présent, c’est la première grave erreur qui a été faite », selon lui. Paul Bérenger dit aussi son inquiétude que Delhi Metro Corporation, dont le nom avait été cité comme opérateur éventuel du Métro Express mauricien, se serait finalement désisté. Il s’étonne d’autre part que le ministre de tutelle, Nando Bodha, ne veut pas rendre publique l’étude réactualisée de faisabilité exécutée par les mêmes consultants singapouriens qui avaient soumis une étude initiale en 2013 sous le précédent gouvernement Ramgoolam.
CEB FiberNet Co :
« Collendavelloo perd la tête »
Paul Bérenger ne manque pas d’évoquer la confusion sur le coût final du projet. Il rappelle qu’alors que le ministre Bhoda a toujours soutenu que le Métro Express allait coûter Rs 19 milliards, son collègue Showkuttally Soodhun est venu, lui, affirmer que le projet coûtera Rs 24 milliards. Le leader du MMM conclut sur ce chapitre en souscrivant à la demande de l’Association des Consommateurs de l’île Maurice (Acim) pour une étude comparative intégrale entre les avantages et désavantages d’un projet de métro avec celui d’une ligne propre pour autobus (busway).
Revenant par ailleurs sur la controverse autour de l’allocation par CEB FiberNet Co Ltd, filiale nouvellement créée du Central Electricity Board (CEB), d’un contrat de fourniture d’équipements de télécommunications à la société israélienne ECI Telecom, Paul Bérenger trouve que le Premier ministre adjoint, ministre des Services publics et de l’Énergie, « perd la tête ». Le leader du MMM s’étonne en effet qu’Ivan Collendavelloo nie dorénavant que parmi les trois sousmissionnaires dont l’offre avait été short-listed figurait une société sud-coréenne. Or, explique Paul Bérenger, c’est le Premier ministre adjoint Collendavelloo lui-même qui, en réponse à l’interpellation du député MSM Bashir Jahangeer, a déclaré à l’Assemblée nationale qu’outre ECI Telecom, deux autres soumissionnaires avaient été short-listed d’une liste originale de cinq soumissionnaires, à savoir Korean Technologies et une société chinoise. Il a, par ailleurs une fois encore critiqué la manière dont la Speaker, Maya Hanoomanjee, dirige les débats à l’Assemblée nationale.
Prenant pour exemple l’interpellation du député du PMSD Adrien Duval sur la MBC/tv mardi dernier, Paul Bérenger trouve que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, s’est arrangé de ne pas répondre à des interpellations, « avec la bénédiction de la Speaker. » Quant à l’expulsion du député PTr Shakeel Mohamed de l’hémicycle, le leader du MMM trouve que ce dernier « a son style propre à lui. »
« Il n’y a et il n’y aura aucun rapprochement du MMM avec le MSM », assure en conclusion une nouvelle fois Paul Bérenger. Ce dernier souhaite des élections « d’ici à trois mois ou six mois. » S’il dit souhaiter de nouvelles législatives « au plus tôt », le leader du MMM assure quand même que son parti se tient prêt à tenir tête au gouvernement dirigé par le MSM si ce dernier persiste à vouloir diriger jusqu’à la fin de son mandat. Paul Bérenger, qui rappelle qu’il n’est plus le leader de l’opposition, indique avoir quand même transmis « par la voie appropriée » ses plus vives félicitations au président nouvellement élu de la République française, Emmanuel Macron.