Le diocèse de Port-Louis fait entendre sa voix sur le cas de ces femmes cleaners des écoles du gouvernement en grève de la faim depuis plus d’une semaine. Hier après-midi, le vicaire général, Jean-Maurice Labour, a lancé un appel à un « dialogue » entre toutes les parties concernées afin de trouver une solution en ne manquant pas de qualifier les salaires de 1 500-Rs 2 000 d’« atteinte profonde à la dignité humaine ». De son côté, le Service Diocésain de l’Éducation catholique (SeDEC) dans un communiqué ce matin exprime « sa solidarité envers les toilet cleaners qui réclament un salaire décent ». Le SeDEC appelle lui aussi « à un dialogue profond pour revoir toute la question du service de nettoyage dans les écoles ».
Le SeDEC dit soutenir les cleaners travaillant dans les écoles du gouvernement qui sont en grève de la faim, en soulignant que ces grévistes « revendiquent en ce moment un salaire décent ». Le SeDEC fait part de la situation dans ses écoles où le service de nettoyage « est aussi confié aux compagnies privées » et parle donc en connaissance de cause en prenant position en faveur des cleaners qui sont en grève de la faim. « Cette situation perdure depuis pas mal d’années et le SeDEC a, dans le passé, alerté le ministère de l’Éducation à ce sujet. C’est pourquoi la RCEA a fait la requête d’employer 52 cleaners qui auraient un salaire adéquat selon leur scheme of service ». Le SeDEC ajoute que sa requête au ministère de l’Éducation « est toujours en attente ».
Étant donné que le contrat de l’actuel prestataire de services dans les écoles RCA tire bientôt à sa fin, le SeDEC a lancé un nouvel appel d’offres stipulant clairement que les « cleaners doivent recevoir un salaire minimal selon le Remuneration Order ». Selon le SeDEC, « cette action des cleaners fait prendre conscience à la population de la situation injuste et précaire dans laquelle ces familles se trouvent ». Le SeDEC ajoute que cette grève de la faim devrait obliger le ministère et les parties concernées « à engager un dialogue profond pour revoir toute la question du service de nettoyage dans les écoles ».
Pour le vicaire général, aucun citoyen ne peut « rester tranquille quand les droits humains, le bien commun et la justice sont en cause ». S’agissant de la grève de la faim des cleaners, Jean-Marie Labour dit que ces derniers « avaient épuisé les autres formes de dialogue et de négociation ». « Ces salaires de Rs 1 500 à Rs 2 000 par mois sont une atteinte profonde à la dignité humaine. De par ma position dans l’Église, j’appelle à un dialogue avec les autorités concernées qui seules peuvent donner un cadre légal à cette catégorie de travailleurs. La balle est dans le camp des autorités concernées pour donner un cadre légal qui respecte la dignité de ces cleaners », dit le père Labour.