À 24 heures du tête-à-tête entre le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, et le leader du Groupe Réfugiés Chagos (GRC), Olivier Bancoult, et de la réunion du comité interparlementaire sur les Chagos, le président fantôme des Chagos, Allen Vincatassin, basé à Londres, s’est invité à la partie, et ce à la faveur d’une rencontre mardi au siège du Foreign and Commonwealth Office à Londres, avec le British Indian Ocean Territory (BIOT) Commissioner Peter Hayes, pour souligner que la majorité des Chagossiens reconnaissent la souveraineté britannique sur l’archipel des Chagos. De con côté, Olivier Bancoult a soutenu, en prévision des discussions de demain avec le Premier ministre, que « le point le plus important demeure le droit de retour des Chagossiens ». Il a aussi ajouté que la nomination rapide de Theresa May au 10, Downing Street, à Londres, qui prend ainsi la succession de David Cameron à la tête du gouvernement britannique, constitue une nouvelle donne dans cette affaire. Il compte consulter en cette fin de semaine les conseils légaux du GRC en vue de déterminer la marche à suivre dans la conjoncture.
Interrogé par Le Mauricien ce matin, Olivier Bancoult n’a pas voulu préjuger des entretiens de demain au Treasury Building avec sir Anerood Jugnauth, plus que déterminé à aller de l’avant avec la double initiative d’une résolution sur les Chagos à la prochaine Assemblée générale des Nations Unies, ainsi qu’avec une Advisory Opinion de la Cour internationale de La Haye contre la Grande-Bretagne. « En prévision de la rencontre de demain avec le Premier ministre, je préfère attendre. Nous parlerons certainement des Chagos. Pou nou, nou pozision res parey. Saki pli inportan se le drwa de retour aux Chagos. Ce point a été précisé dans le dernier jugement en appel devant la Cour suprême de Grande-Bretagne et qui, comme je l’ai dit, n’est pas la fin du chemin parcouru. Nos droits fondamentaux ont été bafoués par les Anglais et nous allons nous battre pour cela », a déclaré le leader du GRC.
Avec les nouveaux développements sur le plan politique en Grande-Bretagne, le plan établi par le GRC, au lendemain du récent jugement de la Cour suprême à Londres, a été chambardé. Olivier Bancoult avait en effet misé sur un scénario de rencontre avec le Premier ministre sortant, David Cameron, avant que ce dernier ne présente sa démission, laquelle avait été initialement annoncée pour octobre. Mais l’installation, hier, de Theresa May au 10, Downing Street, à Londres, en tant que chef du gouvernement britannique, et de Boris Johnson en tant que ministre des Affaires étrangères, a modifié la donne.
« C’est vrai que nous avions prévu de solliciter une rencontre avec David Cameron. Maintenant, avec Theresa May en tant que Première ministre, nous engagerons des consultations avec nos conseils légaux pour décider de la marche à suivre. À ce stade, aucune décision n’a encore été prise à ce sujet. Nou bizin diskite pou kone ki bizin fer », a ajouté Olivier Bancoult.
Toutefois, il n’y a pas qu’à Maurice que des agitations sont intervenues sur le front des Chagos. À Londres, Allen Vincatassin, qui se présente comme le président fantôme de The Provisional Government of Diego Garcia and the Chagos Islands, a été reçu hier au Foreign and Commonwealth Office par le commissaire du BIOT pour des discussions sur les Chagos. Dans un communiqué émis à la suite de cette rencontre, une initiative de l’ex-Premier ministre David Cameron, dans une des dernières manoeuvres politiques, le président fantôme des Chagos confirme que « we discussed the decision process of the pilot resettlement and the implementation of the Marine Protected Area ».
« I have informed the BIOT Commissioner that most Chagossians acknowledge only British sovereignty over their homela, nd and they want to be resettled only by the UK, as the Chagos islands is a British Overseas Territory », ajoute Allen Vincatassin. Cette démarche est en contradiction flagrante avec la position adoptée par Maurice, qui ne reconnaît pas l’existence du BIOT et qui revendique le droit souverain sur l’archipel, de même que le projet de “resettlement”.
Dans cette communication, Allen Vincatassin parle de « traitement inhumain » subi par les Chagossiens à leur arrivée à Maurice vers la fin des années 60’ et début des années 70’. « The Mauritian government did nothing to prevent this human tragedy, instead was party to a type of ethnic cleansing. In 1982, the Mauritian Government forced us to abandon our right of returning to our homeland. Our land was snatched », ajoute-t-il pour justifier cette prise de position.
En conclusion, le Self-Appointed President of The Provisional Government of Diego Garcia and the Chagos Islands fait comprendre : « In the light of all this Chagossians do not wish to suffer any more prejudices and inhuman treatment, we want to return to our homeland in dignity with the help and support of the United Kingdom. I have informed the Commissioner that there should be no treaty given to the Mauritian Government over the future of the Chagos islands, without prior discussion with the Chagossian. »
Du fait de ces derniers développements, Londres détenant la “remote control” de certaines manoeuvres, il va de soi que la composante du “resettlement” pourrait se transformer en cheval de Troie aux revendications mauriciennes de la souveraineté sur les Chagos devant les instances internationales, d’autant qu’en préambule à son commentaire, Allen Vincatassin a pris le soin de faire ressortir : « In a recent correspondence the Prime Minister David Cameron has assured Henry Smith MP (Crawley) and myself that he has made it clear to the Prime Minister of Mauritius that UK is sovereign over the Chagos islands. »