Avec l’expiration d’ici minuit de l’ultimatum à la Grande-Bretagne pour communiquer formellement à Maurice la date à laquelle elle compte permettre à Maurice d’exercer le contrôle effectif sur l’archipel des Chagos, la balle se retrouvera dans le camp mauricien. En effet, avec la détermination, dont fait preuve le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, en vue de compléter le processus d’indépendance de Maurice avec le retour des Chagos, des initiatives politiques et diplomatiques devant les instances compétentes des Nations unies, en l’occurrence la prochaine séance de l’Assemblée générale des Nations unies et la Cour Internationale de Justice de La Haye en vue d’une Advisory Opinion, devront connaître une nette accélération. D’autre part, le rejet par la Cour suprême de la Grande-Bretagne à une majorité de trois contre deux de l’appel interjeté par Olivier Bancoult, le leader du Groupement des Réfugiés Chagos, contre le jugement de la House of Lords de 2008 sur le Resettlement, ne constitue nullement une surprise à l’Hôtel du gouvernement. Toutefois, les attendus de ce dernier jugement de la Cour suprême de la Grande-Bretagne remettent en perspective l’enjeu grandissant du retour des Chagossiens dans leur archipel natal. Le Groupement des Réfugiés des Chagos détient encore une carte avec l’option des « judicial proceedings » au cas où Londres maintient le No Entry aux portes des Chagos. De son côté, le gouvernement continue à camper sur sa position que toute décision portant sur le repeuplement des Chagos reste sa prérogative et de nulle autre autorité.
« A foregone conclusion. » Tel est le sentiment qui prévaut à l’hôtel du gouvernement en ce 30 juin par rapport à l’ultimatum du Premier ministre au gouvernement britannique au sujet du retour effectif des Chagos à Maurice. Le Prime Minister’s Office ne s’attend nullement à accuser réception d’une correspondance des Britanniques à ce sujet d’ici ce soir. Ces sources prennent pour preuve la déclaration de sir Anerood Jugnauth lors des échanges sur la Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition, Paul Bérenger, à l’effet que Londres n’a pas l’intention de retourner à Maurice cette partie du territoire, qui été démembrée avant l’accession de l’indépendance le 12 mars 1968. Il y a encore la menace sur les relations bilatérales proférées par les deux envoyés spéciaux de Londres et de Washington et transmises officellement au chef du gouvernement il y a huit jours.
Passé le délai de minuit ce soir, What’s Next ? A cette question, des sources autorisées à l’hôtel du gouvernement affirment que la Mission permanente de Maurice à New York devra se retrouver « in the frontline » pour enclencher des procédures de haut niveau pour que la revendication de Maurice sur les Chagos soit remontée à l’ordre du jour. Mais aucun des contacts approchés n’a voulu s’aventurer pour commenter la possibilité que l’affaire des Chagos pourrait être inscrite à la prochaine Assemblée générale, qui débutera en septembre prochain à New-York.