Face à l’intransigeance affichée par le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, sur le dossier des Chagos, Londres n’en démord pas. La Grande-Bretagne tente toujours de transmettre un message d’apaisement à l’égard de Maurice pour éviter d’emprunter la voie menant à la Cour internationale de justice pour une Advisory Opinion sur le démembrement unilatéral du territoire de la République de Maurice avant l’accession de son indépendance le 12 mars 1968. La dernière tentative remonte à la semaine dernière lors d’une séance du Question Time à la Chambre des Lords. D’autre part, le député Alan Brown, intervenant à la Chambre des Communes, toujours la semaine dernière, a présenté les déracinés des Chagos comme étant « les premières victimes » de la United Kingdom’s Nuclear Policy.
À la Chambre des Lords, Lord Jones of Cheltenham a interpellé la Baroness Anelay of St John’s pour savoir si le gouvernement britannique compte toujours entretenir des current relations, soit politiques et diplomatiques, avec Maurice au vu de la décision de celle-ci de « seek an advisory opinion from the International Court of Justice over the Chagos Archipelago ». Tout en mettant en perspective « the historic relationship of trust and cooperation that we share with the Republic of Mauritius », la Baroness Anelay of St John’s, répondant au nom du Foreign and Commonwealth Office, fait état des inquiétudes de la Grande-Bretagne face aux intentions déclarées de Maurice.
« The United Kingdom value the historic relationship of trust and cooperation that we share with the Republic of Mauritius. It is therefore with great concern that we note the intention the Prime Minister of Mauritius expressed to the Parliament of Mauritius on 17 May to seek a referral by the UN General Assembly to the International Court of Justice this autumn, in order to obtain an advisory opinion in relation to the British Indian Ocean Territory (Chagos Archipelago) », souligne la représentante du gouvernement britannique à la Chambre des Lords.
La Baroness Anelay of St John’s a exprimé le souhait que Maurice revoie sa décision dans une perspective de maintenir les friendly relations entre les deux pays. « Referral of this matter to the International Court of Justice would cause lasting damage to Mauritius’bilateral relations and we have respectfully sought the Prime Minister of Mauritius’assurance that he does not intend to proceed with such action, and that he will return to a constructive path ». Et de conclure :
« Mauritius stands to benefit from friendly relations, including in relation to the British Indian Ocean Territory, where the UK and Mauritius are already engaged in talks that aim to implement the United Nations Convention on the Law of the Sea arbitral award of March 2015 and give due regard to Mauritius’interests in matters of marine conservation in the British Indian Ocean Territory. »
« … discount on Polaris »
Tout semble indiquer que rien ne déviera le Premier ministre de la voie menant à la Cour internationale de justice surtout après la dernière réunion en date du comité parlementaire sur les Chagos sous sa présidence au Prime Minister’s Office. Des sources politiques avisées avancent que Londres veut à tout prix éviter un Pronouncement de la Cour internationale de justice sur les Chagos, car le préjudice diplomatique et politique sur le plan international pourrait être incommensurable.
Dans sa démarche pour imposer son empreinte sur le dossier des Chagos, sir Anerood Jugnauth ne ménage ni les États-Unis ni la Grande-Bretagne, comme en témoignent des extraits de sa réplique lors des échanges sur la Private Notice Question du leader de l’opposition, Paul Bérenger, en date du 5 juillet. « Well, what do we expect from the United States ? This is their stand. When we have started taking our decision to recuperate the Chagos, we knew the strong reaction of the United States and the United Kingdom. I have come to the conclusion that we have no other alternative than to follow the course that I am following simply because United Kingdom has no intention whatsoever – I repeat it, whatsoever – to return Chagos to Mauritius. Therefore, we must have recourse to whatever means and if we get a guidance from the International Court of Law, we will use that afterwards in every forum to bash against the United Kingdom and that will hurt them a lot, I am sure. »
La prochaine étape devra se jouer lors de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre à New York avec une éventuelle résolution, condamnant l’excision de cette partie du territoire mauricien.
Par ailleurs, le sort des exilés du Chagos a eu un traitement des plus sympathiques à la Chambre des Communes la semaine dernière. Le député Alan Brown a affirmé que « the Chagos islanders were the first victims of the UK’s nuclear policy, given that their eviction helped the UK get a discount on Polaris. Lords at the Supreme Court now advise that a refusal to permit resettlement may be irrational, unreasonable or disproportionate. » Il plaidait en faveur d’un Resettlement des Chagossiens dans leur archipel natal.