Avec la Plenary Meeting de l’assemblée générale des Nations unies sur le dossier des Chagos fixée au 22 courant, la partie mauricienne multiplie les initiatives diplomatiques pour ce rendez-vous historique. Les dernières procédures auprès du secrétariat des Nations unies ont été complétées, dont la soumission de l’Aide-Mémoire, Maurice y précisant les principales étapes de sa revendication au sujet de la souveraineté des Chagos. De même que le libellé de la Draft Resolution pour une « request for an advisory opinion of the International Court of Justice on the legal consequences of the separation of the Chagos Archipelago from Mauritius in 1965 ». En parallèle, le mentor minister et ancien Premier ministre, sir Anerood Jugnauth devra diriger la délégation mauricienne à New York au cours de la seconde quinzaine du mois. Il prévoit une série de rencontres sur le plan diplomatique à Maurice et à l’étranger. De son côté, le Permanent Representative de Maurice à New York, Jagdish Koonjul, est attendu à Maurice aujourd’hui pour des dernières consultations en marge de la réunion plénière de l’assemblée générale des Nations unies sur les Chagos.
Les dernières indications, après les délibérations du Conseil des ministres de vendredi, sont que le mentor minister a obtenu l’aval du gouvernement pour s’engager dans une série de consultations avec les diplomates étrangers en poste à Maurice. Cela en vue de réitérer le « Rationale » derrière la démarche pour une Advisory Opinion de la Cour Internationale de Justice (CIJ) contre Londres, au sujet de l’excision unilatérale de l’archipel des Chagos du territoire mauricien avant l’indépendance du 12 mars 1968. Les représentants diplomatiques de la Grande-Bretagne et des États-Unis, États membres des Nations unies, qui devront objecter au vote sur la résolution de l’item 87 à l’agenda, seront également reçus par sir Anerood à cette occasion. C’est ce qu’indiquent en ce début de semaine des sources officielles à l’hôtel du gouvernement.
Dans l’Aide-Mémoire sur les Chagos, qui a été distribué officiellement à toutes missions diplomatiques accréditées auprès de l’Organisation des Nations unies, Maurice prend le soin de souligner en substance qu’elle ne s’est épargnée aucun effort en vue de trouver un terrain d’entente avec la Grande-Bretagne sur ce différend territorial, qui remonte à plus de 50 ans. Le document officiel stipule que la décision de suspendre l’inclusion de l’item 87 de septembre 2016 à juin 2017 a été prise « to allow time for Members to ascertain whether progress could be made on the issues raised by the item, which relates to the completion of the process of decolonization of Mauritius, thereby enabling Mauritius to exercise its full sovereignty over the Chagos Archipelago. »
« Unfortunately, no progress has been possible. Accordingly, action should now be taken by the United Nations General Assembly », affirme ce document pour justifier le vote du 22 contre Londres. Dans la conjoncture, la position sur ce litige territorial se résume comme suit: « an agreed time bound framework for the return of the Chagos Archipelago to the effective sovereign control of Mauritius ». Mais dans aucune circonstance Londres n’a voulu prendre un tel engagement envers Maurice au cours de ces trois derniers rounds de consultations depuis la fin de l’année dernière.
Port-Louis concède que lors de ces échanges, Londres s’est permis de formuler des propositions. Mais « neither of these proposals is acceptable as they do not address the very objective of the talks, namely the completion of the decolonization process of Mauritius and the exercise of full sovereignty by Mauritius over the Chagos Archipelago ». Au chapitre de la base de Diego Garcia sous le contrôle des Américains, Maurice a confirmé de nouveau son intention de nullement remettre en cause ce Military Foothold des Américains dans cette partie de l’océan Indien. L’Aide-Mémoire propose que « Mauritius has nevertheless conveyed to the United Kingdom that it is prepared to consider the two proposals in the context of an agreed time bound framework for the return of the Chagos Archipelago to the effective sovereign control of Mauritius », comme pour confirmer son engagement formel au sujet de la base de Diego Garcia.
Comme indiqué dans l’édition du Mauricien de vendredi dernier, l’Aide-Mémoire comprend tout un chapitre axé sur « actions taken by the United Kingdom in violation of international law » tout en faisant comprendre que « these actions are inconsistent with the commitment of decolonization ».
D’ici le 22 juin, jour où sera pris le vote sur l’item 87, Maurice gardera ses yeux sur le processus du décompte des voix aux Nations unies. D’ailleurs, l’ambassadeur Koonjul débarque aujourd’hui avec dans ses valises un premier décompte des voix probables en faveur de Maurice.