Les facilités de détention (“black prison”) opérées par les militaires américains sur la base de Diego Garcia font actuellement débat à Londres, des interpellations ayant été adressées cette semaine aux représentants du Foreign and Commowealth Office à la Chambre des Communes. Cette nouvelle offensive menée par le député conservateur Andrew Tyrie, qui est également le président de l’All-Party Parliamentary Group on Rendition (torture illégale de terroristes présumés), vise à établir la complicité éventuelle des autorités britanniques dans cette démarche illégale, car violant les dispositions des Droits de l’Homme. Les réponses fournies officiellement par le ministre d’Etat au Foreign and Commonwealth Office, Hugo Swire, demeurent floues.
En réponse à une première interpellation du député britannique, le ministre d’Etat britannique n’a pas nié l’opération d’une prison par les Américains sur la base de Diego Garcia car il fait comprendre, d’entrée de jeu : « The UK detention facility on Diego Garcia, commonly referred to as a reception centre, did not open until late 2007. There is no information to suggest that the US requested permission to use it during the period (soit de 2001 à 2009) about which my honourable friend ask. »
Dans un autre volet des échanges à la Chambre des Communes, le ministre d’Etat au Foreign and Commonwealth Office ajoute, au sujet de l’utilisation de cette prison de Diego Garcia : « The US have informed us that US military personnel are held in these holding cells in accordance the United States Uniform Code of Military Justice. UK authorities do not maintain records of these detentions. » Le député britannique voulait connaître le nombre de détenus incarcérés ainsi que les raisons de la fermeture de ces installations de détention par les Américains en 2007.
Ce même ministre du gouvernement britannique a fait état des nouvelles dispositions après la décision des Américains de fermer la prison de Diego Garcia. « The main purpose of the UK detention facility on Diego Garcia, commonly known as the reception centre, is to hold illegal fishermen caught in the Territory’s waters. It was opened in 2007. BIOT Administration records show that between the point of it opening and January 2009, only one person has been imprisoned there for a period of 10 days during 2008 for an offence of assault. In September, the Foreign and Commonwealth Office released information following a Freedom of Information Act request which showed that a number of Sri Lankans were also held during the period he asks about, for offences related to illegally fishing in BIOT waters. These were held in the police station which is located next to the reception centre », a-t-il soutenu selon le verbatim du Hansard de la Chambre des Communes.
De son côté, le ministre britannique David Liddington, responsable du dossier de l’Europe, a été interpellé sur les moyens mis en place par les Britanniques pour exercer « its formal oversight of US use of Diego Garcia » entre 2001 et 2008. Il s’est appuyé sur les dispositions de l’Exchange of Notes entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis en faisant comprendre que « these Notes provide that, as regards the use of the facility in normal circumstances, the US Commanding Officer and the Officer in Charge of the United Kingdom Service element shall inform each other of intended movements of ships and aircraft. In other circumstances, they provide that the use of the facility shall be a matter for the joint decision of the two governments ».
Le ministre Liddington conclut : « Oversight of US activities between 2001 and 2008 was thus exercised : through the exchange both of routine information, via the Governments’ representatives in Diego Garcia; and, where non-routine matters were concerned, through regular dialogue between the two Governments, including by means of annual political-military discussions between senior officials. »