• À la fin du mois d’août, le Foreign and Commonwealth Office avait organisé un « voyage secret » pour trois parlementaires britanniques dans l’archipel et sur la base de Diego Garcia
  • Cette démarche s’inscrit dans la stratégie de « Divide and Rule », car les trois membres de la Chambre des Communes font partie de l’All-Parliamentary Party Group sur les Chagos
  • Professor Philippe Sands, QC : « The failure of the UK to consult with Mauritius is clearly inconsistent with the ruling of the International Court of Justice »

En anticipation à la visite du pape François et de sa prise de position sans équivoque sur les Chagos, Londres avait échafaudé sa stratégie de riposte. En effet, sans consultation avec Maurice, le gouvernement minoritaire de Boris Johnson a organisé à la fin du mois d’août une “secretive visit” dans l’archipel, dont à Diego Garcia, à l’intention de trois parlementaires britanniques.

C’est ce que révèle le quotidien britannique The Guardian dans une tentative d’atténuer les propos du Souverain pontife enjoignant la Grande-Bretagne d’obtempérer  à l’Advisory Opinion de l’International Court of Justice de La Haye et à la résolution du 22 mai adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies, exigeant le départ des Anglais de l’archipel d’ici le 22 novembre prochain.

Dans une déclaration au quotidien britannique, le Pr Philippe Sands, QC, Lead Counsel de Maurice, relève que cette démarche britannique, sans aucune consultation avec Maurice, est en infraction avec le “Ruling” de la Cour internationale de justice du 25 février dernier.

Ainsi, The Guardian annonce que « three (British) MPs have made a secretive visit to the US military base on Diego Garcia and the Chagos Islands, it has emerged, in what is believed to be the first formal, parliamentary visit to the British Indian Ocean Territory » (BIOT).

Les membres de la Chambre des Communes, invités « at short notice » pour se rendre aux Chagos à la fin du mois d’août par le Foreign and Commonwealth Office, sont Catherine West, du Parti travailliste, et les conservateurs Andrew Rosindell, le président de l’APPG sur les Chagos, et Daniel Kawczynski.

Le Hansard de la Chambre des Communes confirme que ces trois parlementaires font partie de la “Frontline” lors du Question Time avec des interpellations sur les Chagos. Ils sont d’ailleurs membres de l’All Party Parliamentary Group sur les Chagos, réunissant des parlementaires et des Lords également.

« We went to see how a resettlement programme might be possible and what it might be like to live there. The best solution is for the UK government to resettle the Chagossians », déclare Catherine West au Guardian au sujet du déroulement de cette visite quasi impromptue.

« On the last day we met senior US officials… that would be the (focus) of any resettlement. There’s no reason why the community couldn’t seek work at the base », ajoute la parlementaire britannique, affirmant avoir informé son leader, Jeremy Corbyn, de cette invitation du Foreign and Commonwealth Office.

Le quotidien britannique prend le soin de souligner dans l’article faisant état de cette visite que « a source close to the visit suggested the trip may have been an attempt to bolster support in parliament for continued British sovereignty of the archipelago ».

Dans le cadre de cette stratégie, l’appât du “Resettlement” des Chagossiens est brandi pour atténuer les effets de l’échéance du 22 novembre, soit l’expiration de la période de six mois à Londres pour évacuer l’archipel sans condition.

Toutefois, réagissant à l’organisation de cette visite, le Pr Sands, Lead Counsel de Maurice sur le dossier des Chagos, souligne avec force dans les colonnes du Guardian que « the failure of the UK to consult with Mauritius is clearly inconsistent with the ruling and overwhelming support in the UN for the position of Mauritius and the right of Chagossians to return ».