Contrairement au secteurs préscolaire et primaire, qui savourent déjà les vacances de fin d’année, les responsables et les employés des écoles pour handicapés terminent l’année sur une note d’amertume et de déception. Le Budget n’a pas répondu à leurs attentes en dépit de la déclaration du ministre de l’Éducation selon laquelle il existerait désormais une parité écoles SEN – écoles primaires au niveau de coût par enfant. La Federation of SEN Associations tient une assemblée générale spéciale aujourd’hui pour analyser la situation après que son mémorandum envoyé au ministre des Finances et à celui de l’Éducation, dans le cadre du Budget, ait été ignoré. « All SEN schools of the Federation are facing the same difficult situation as that of APEIM and may be forced do close down soon », peut-on lire dans ce document envoyé le 4 octobre.
Il n’y a pas que le personnel et les parents de l’APEIM qui sont agités en cette fin d’année en raison de l’imminence de la fermeture de leurs  écoles. La nouvelle enveloppe budgétaire, d’un montant de Rs 60 800 000 sur laquelle s’appuie Vasant Bunwaree pour parler de parité de coût n’a apporté aucun réconfort dans le milieu des organisations engagées dans l’éducation des enfants handicapés. « C’est vrai qu’il y a une certaine déception après le Budget », confirme Armoogum Parsuramen, ancien ministre de l’Éducation et conseiller auprès de la Federation of SEN Associations. « Non pas à cause de l’argent uniquement, mais parce que nos propositions visant à structurer et réglementer le secteur dans l’intérêt des enfants qui sont pris en charge – et aussi pour motiver le personnel – n’ont pas été pris en considération », explique A. Parsuramen
Immédiatement après le lancement de cette fédération au mois de juillet dernier, ses dirigeants se sont en effet mis à la tâche pour faire un état des lieux en vue de préparer un mémorandum, qui allait être soumis au gouvernement. Ils ont respecté l’engagement pris auprès de leurs membres à ce sujet et ont soumis début octobre au ministre de l’Éducation un document intitulé « Proposals for a new comprehensive grant in-aid Formula for the SEN Sector », dont copie a été envoyée au ministre des Finances.
Dans le document envoyé au gouvernement, la fédération affirme que toutes les SEN Schools sont confrontées aux mêmes difficultés que celles de l’APEIM et avertit que ces institutions pourraient être forcées de stopper leurs activités. Pour ne pas en arriver là, la fédération insiste sur la nécessité de la mise en place d’un mécanisme pour fixer le quantum de subventions aux écoles concernées ainsi que pour la répartition de ce fond. La proposition pour une New comprehensive grant in-aid Formula for the SEN Sector tient compte de plusieurs aspects : le  type d’école (résidentielle ou pas), le type d’handicap des enfants, le nombre d’enfants et leur âge, l’environnement physique, les services offerts aux parents, les équipements existants, le nombre d’employés ainsi que leur salaire, le bâtiment… Il est question également dans ce mémorandum de la formation du personnel enseignant, du curriculum, du transport des apprenants, de la contribution provenant des fonds du CSR Scheme, du cas des enfants ayant plus de 18 ans, de l’assurance-qualité et de l’administration des écoles. Il s’agit d’un document bien travaillé et bien argumenté.
Cette fédération s’est inspirée de la formule de répartition des grants aux collèges privés adoptée par la Private Secondary Schools Authority (PSSA) pour faire sa proposition. Comme dans le cas du secondaire privé, cette fédération suggère la création d’un organisme pour le paiement des subventions aux SEN Schools et pour assurer un contrôle de ce secteur de l’éducation. Armoogum Parsuramen  présentera le contenu de ce mémorandum cet après-midi à l’assemblée générale.
Une proposition pour avoir un Master Plan pour le secteur figure aussi à l’agenda de la réunion d’aujourd’hui.  « Nous allons évoquer l’idée au cours de cette réunion et nous allons impliquer la société civile et tous ceux qui le souhaitent dans la préparation de ce document. Nous prévoyons une consultation très large car il est bon d’avoir une vue d’ensemble avant d’élaborer une stratégie. Nous préparerons ce Master plan dans un esprit de dialogue et dans une démarche constructive. Nous le soumettrons ensuite aux autorités concernées », indique Armoogum Parsuramen, qui s’y connaît en matière d’éducation de par son expérience d’ancien cadre à l’Unesco. Ce dernier lance un appel en direction du Premier ministre pour « jeter un regard sur ce secteur ».
Face aux inquiétudes et à l’atmosphère mélancolique qui gagnent ce secteur de l’éducation, et qui est beaucoup plus prononcé parmi le personnel de l’APEIM, Le Mauricien a adressé des questions au ministère de l’Éducation sur certains points spécifiques. Mais hier après-midi, le ministère nous a fait savoir qu’il doit d’abord « finaliser certaines mesures et rencontrer les Ong concernées avant de communiquer » les renseignements que nous avons demandés.