Une quarantaine de jeunes de la région de Port-Louis ont effectué une grande virée depuis la capitale jusqu’à Vieux-Grand-Port, en passant par les districts de Rivière-Noire et de Savanne. L’occasion pour eux de découvrir quelques sites du patrimoine mauricien marqué, entre autres, par l’esclavage. Visites également aux musées Robert Edward Hart, connu comme la Nef à Souillac, et Fort Frederik Hendrik à Vieux-Grand-Port.
Au départ, seuls les visites aux musées de la Nef et du Fort Frederik Hendrik ainsi qu’une séance de prévention routière étaient inscrits au programme de la journée. Toutefois, Julien Lourdes de CAPA/Fraternité nord-sud, et Alain Jeannot, de l’association Prévention Routière Avant Tout (PRAT), avec l’autorisation de l’officier accompagnateur du ministère de tutelle, Gilette Ernest, ont tenté de rendre cette sortie plus instructive et ludique.
Dès lors, tout le long du trajet de Port-Louis à Vieux-Grand-Port, les jeunes ont eu des explications sur les endroits qu’ils traversaient. Et après une petite réflexion sur la sécurité routière, ils étaient appelés, de temps à autre, à répondre à des questions en observant le comportement des automobilistes ou des piétons en différentes situations. Et à terme, nous indique Julien Lourdes, « nous avons fait la route de l’esclavage ».
Rivière-Noire est un district riche en histoire, avec « les Cavernes qui se trouvent sur la propriété de Médine où les esclaves vivaient dans le temps, les marais salants de Tamarin appelés peut-être à disparaître comme ceux de Petite Rivière-Noire, Case Noyale et bien sure, Le Morne ». Ce haut lieu du patrimoine de l’humanité n’est toutefois pas méconnu de la plupart des jeunes puisqu’ils s’y sont déjà rendus dans le passé. Cependant, les anecdotes sur les faits qui ont marqué la région n’ont pas manqué de les instruire sur un pan d’histoire souvent relié à l’esclavage. Parmi, comme l’a expliqué Alain Jeannot, la route de Baie-du-Cap connue pour sa roche à Macondé et considérée comme une des plus belles au monde. Le manque de temps malheureusement fera qu’il n’y aura pas de halte entre Port-Louis et la première destination prévue, la NEF. « Le bus a roulé au ralenti, le temps que les jeunes voient les lieux », souligne Julien Lourdes.
À Souillac donc, visite du musée de la Nef, ancienne demeure du poète mauricien Robert Edward Hart. Anoushka Ramen, élève en Form IV à la Port-Louis SSS, se dit particulièrement frappée par l’ambiance qui règne. « C’est assez mystérieux », déclare-t-elle en faisant référence aux meubles, aux objets anciens et certainement sa propre reconstruction de l’histoire des lieux. Des objets qu’elle n’avait jamais vus ailleurs. La sportive Rachelle Lefine, élève en HSC, découvre pour la première fois la Nef. Un endroit « fort intéressant et naturel. Il n’y a pas de pollution. C’est propre », décrit-elle.
Une nouvelle séance d’explication sur la sécurité routière a ensuite eu lieu ; le témoignage d’un parent accompagnateur qui a perdu un proche dans un accident de route. Après le déjeuner, direction le musée du Fort Frederik Hendrik. Nouvelle découverte d’un temps révolu. Sur place, c’est la maquette du voilier Le Lion blanc qui a interpellé Anoushka Ramen. Nombreux l’ont d’ailleurs été. L’aménagement du parcours a également été apprécié. Suivant le musée du Fort Frederik Hendrik, la visite d’un site archéologique. Et dans un esprit de camaraderie, les jeunes se sont lancés dans des jeux de groupe.
Au Mauricien, Jason Attock, 15 ans, stagiaire depuis trois ans au sein de l’association CAPA/Fraternité Nord Sud, témoigne son appréciation de cette journée : « Lazourne-la ti serye net ». Notre jeune interlocuteur visitait pour la première fois ces lieux. « Isi pli trankil », dit-il en le comparant son lieu de résidence à St-Martin. Quant à Anoushka Ramen, cette journée demeure pour elle « amusante ». Habituée de Grand-Port, car elle a des parents qui y habitent, Rachelle Lefine confie que « l’ambiance dans le bus était bonne ». Le jeune James Edmond voyait, lui, pour la première fois d’aussi près « l’imposante montagne du Lion ».
Fatigués mais heureux de leur journée, les jeunes ont quitté les lieux sur le coup de 16 heures. La route allait être encore longue avant de rentrer, « mais belle », estiment-ils.