Difficile de définir le spectacle Porgy ek Bess qui a été présenté vendredi et samedi dernier à Case-Noyale. Mi-théâtre mi-comédie musicale dramatique, cette création mauricienne montre un réel travail d’appropriation de l’oeuvre de Gershwin, auquel de gros moyens techniques et humains ont été affectés. L’enthousiasme de la troupe de chanteurs, comédiens, danseurs et musiciens réunis sur ce projet est présent sur scène, la vitalité de la mise en scène, la diversité musicale et l’hybridité marquent cette version en kreol de Porgy and Bess.
Voir Porgy ek Bess à Case-Noyale un samedi soir, c’est un peu comme une balade du dimanche. Une fois au village, il suffit de suivre le mouvement des passants présents dans la rue pour trouver le fameux terrain de foot où se dresse la scène… Ici on entend parler de Porgy ek Bess depuis des semaines, mais ces derniers jours, les enfants et adolescents qui ont participé aux ateliers animés par les artistes en sont devenus les meilleurs porte-parole. L’entrée est gratuite, chacun pouvant contribuer ce qu’il souhaite. Mais avant d’aller choisir sa place parmi les chaises installées pour l’occasion, rien de tel que de s’imprégner de l’atmosphère, faire connaissance avec les marchandes de boulettes ou de rôti qui ont improvisé de petits stands à côté du parking. Sans le savoir, ces premiers échanges nous introduisent déjà un peu à la version mauricienne de Porgy and Bess.
Avant même que le spectacle ne commence, la première surprise vient des décors qu’on imaginait dépouillés pour ce spectacle appelé à bouger dans trois points de l’île. En fait, si le spectateur a la tête sous les étoiles, la scène couverte dressée devant lui n’a rien à envier aux salles de spectacle… Les promoteurs se sont donné les moyens techniques et créatifs de recréer l’atmosphère du village de pêcheur, avec ses maisons colorées en quinconce, un mur d’enceinte marquant l’entrée du village, et un certain nombre d’accessoires qui témoigneront des activités du lieu au fil du spectacle. Seul inconvénient, cette scène relativement haute oblige à placer les premiers sièges relativement loin, ce qui crée une distance entre les spectateurs et l’action qui prend d’ailleurs parfois place en fond de scène. Le petit orchestre se cache sous une tente sur la gauche et une batterie de lumières impressionnante donne toutes les tonalités imaginables aux scènes jouées, reflétant à ce titre l’éclectisme musical qui nous sera offert. Tout cela a donc été monté pour deux représentations, puis intégralement démonté avant d’être transporté, puis remonté à Mahébourg cette semaine pour les représentations de ce soir et demain soir. Et la même opération aura lieu à Grand-Gaube la semaine prochaine.