KHALIL ELAHEE

La tragédie de Christchurch nous renvoie, peut-être, à la 85e sourate du Coran, Al Buruj (Les constellations). Il y est décrit le sort des croyants qui sont brûlés vifs dans une fosse au feu sans cesse renouvelé. Il ne leur est reproché qu’une chose : leur foi en Dieu. Immédiatement, le Coran rappelle que ce Dieu est, quand même, le Tout-Puissant, le Digne de louange, à qui appartient la Royauté des Cieux et de la Terre. Et que Dieu est témoin de toute chose ! Il a décidé que ces gens-là seront des martyrs, le Paradis sera leur demeure.

Ensuite, le Coran mentionne deux autres catégories de personnes.

Il y a ceux qui ont fait subir des épreuves aux croyants et aux croyantes et qui n’ont pas fait pénitence, qui seront voués aux tourments de l’Enfer dont ils subiront le Feu éternel. Comme, donc, ceux qui tuent des innocents, mais même là Dieu dit que leur repentir est possible. D’ailleurs, certains savants affirment que ceux qui ont brûlé ces croyants dans la fosse  ardente se sont repentis et ont été pardonnés.

Mais il y a une deuxième catégorie de personnes, plus nombreuse, les spectateurs installés tout autour du feu, pour témoigner du spectacle des croyants suppliciés. Ils sont complices par leur comportement, leur passivité, leur silence même. Ce sont ceux-là qui reprochaient, ouvertement ou non, aux croyants leur foi en Dieu. Et ils sont les vrais maudits dans cette sourate qui débute en s’adressant à eux. Et la sourate termine en évoquant non pas Pharaon, mais ses gens  comme ceux de Thamud, ces personnes autour qui rejettent la foi et la vérité. Alors que Dieu, quoi qu’ils fassent, les cerne de toutes parts et de toutes les façons. En vérité, la riposte de Dieu sera implacable. Aussi, Il est Celui qui crée et ressuscite. Il est Celui qui réalise tout ce qu’Il veut.

Il faut implorer Dieu qu’Il ne nous inclue pas parmi ces pires coupables, finalement, qui sont ceux qui demeurent d’éternels spectateurs. À l’heure des réseaux sociaux, nous devenons aussi des commentateurs tout aussi complices parce que nous témoignons davantage du  spectacle que de notre foi en Dieu. Les vrais témoins sont les martyrs, et nous implorons Dieu qu’il reconnaisse les victimes de la tragédie de Christchurch parmi ceux-là.

Concluons en lançant un appel pressant à la vigilance et à la dénonciation de toutes ces faussetés véhiculées sur l’islam sur internet. Il suffit de voir ce qu’un site soi-disant respectable comme Wikipedia (la page française) nous renvoie sur justement la sourate Al Buruj, pour voir à quel point la désinformation est grave. Et que dire du reste, que ce soit sur Facebook ou ailleurs comme le message de certains politiciens d’extrême droite, mais pas uniquement, sur le danger de l’islam. Souvent avant le soutien, tacite ou explicite, des pouvoirs en place s’alimentent d’un populisme islamophobe. Cela suffit pour amener un détraqué à l’autre bout du monde, où il y a peu de musulmans comme en Nouvelle Zélande, à commettre des massacres.