Le vice-Premier ministre et ministre de l’Infrastructure routière, Anil Bachoo, avec à ses côtés le Special Adviser en matière de sécurité routière au Prime Minister’s Office (PMO), Ben Buntipilly, qui avait lancé le projet de Speed Cameras le 10 mai dernier, a essuyé un sérieux revers en fin de semaine. En effet, le Directeur des Poursuites Publiques (DPP) a invalidé les premières 485 contraventions dressées sur la base des images flashées par les 20 caméras installées jusqu’ici sur les routes. D’autre part, dans le cadre de la campagne en vue de renforcer la sécurité routière, des experts belges sont attendus à Maurice cette semaine pour encadrer les formateurs de chauffeurs de poids lourds du Mauritius Institute of Training and Development (MITD).
Suite aux développements intervenus en fin de semaine, tout indique que le démarrage du projet de radars pour lutter contre les excès de vitesse, avec des dépenses de Rs 172,2 millions, se fait des plus difficilement. Ainsi, après analyse du dossier soumis par la police et du rapport élaboré par les experts de Truvelo Manufacturers (Pty) Ltd. d’Afrique du Sud, le DPP a pris la décision d’invalider les 485 contraventions établies à partir des flashages des caméras pour excès de vitesse.
Initialement, devant les protestations des automobilistes affirmant être injustement pris en contravention d’excès de vitesse même s’ils roulaient à moins que la vitesse permise, la Traffic Management and Road Safety Unit (TMRSU) avait fait état d’Image Tests comme excuses. Mais les recoupements d’informations effectués par Week-End confirment qu’au démarrage du projet, « set up parameters were omitted and incorrectly installed. » Les autorités compétentes sont arrivées à cette conclusion à la lumière d’un rapport soumis par les fabricants de Truvelo Manufacturers (Pty) Ltd. en date du 21 mai dernier. Ce rapport avait passé en revue les travaux d’installation et de connexion effectués par ProGuard Ltd.
Devant cette grave anomalie quant au fonctionnement des radars sur les routes, l’avis du DPP est « no prosecution against the contreveners for the offence of exceeding speed limit, as detected by those speed cameras. » Week-End a essayé en vain d’obtenir des explications auprès des responsables de la TMRSU ou encore de Proguard Ltd., le contracteur choisi par le Central Procurement Board.
Avec ce premier échec de l’opération Speed Cameras, très peu de détails sont disponibles quant aux mesures correctives apportées au fonctionnement de ces radars en vue de leur nouveau commissioning. Le fait est qu’un mois après le lancement de ce programme, les radars ne sont toujours pas opérationnels sur les routes. « Les Speed Cameras sont toujours en mode Image Test la nuit. C’est tout ce que nous pouvons dire et nous n’en savons pas plus », indique-t-on du côté de la Traffic Branch aux Casernes centrales.
Au cours de la semaine écoulée, des usagers de la route ont pu constater la présence d’équipe de techniciens, notamment aux différents endroits où sont installés les radars. Toutefois, le stress est toujours de mise pour les chauffeurs flashés ne sachant toujours pas s’ils ont fait l’objet de contraventions ou non.
En fin de semaine, Week-End s’est rendu dans les locaux de la Photographic Enforcement Unit (PEU), installée à la TMRSU, Samlo Tower, Port-Louis. Cet exercice s’est révélé infructueux car la porte principale menant à la PEU était fermée à double tour pendant les heures de travail. Les bureaux alloués à la PEU et aux 12 employés de ProGuard, ayant accès aux serveurs, étaient également fermés.
Une préposée se présentant comme la secrétaire de Dev Nathoo, Principal Engineer et coordonnateur du projet de Speed Cameras, a fait comprendre sans nul autre procès à Week-End que « le chef et son équipe effectuent des site visits ». Les multiples tentatives d’entrer en communication téléphonique avec les responsables n’ont pas donné les résultats escomptés.
La relance des Speed Cameras se heurtent à deux obstacles majeurs. D’abord, ProGuard Ltd. doit être en mesure de fournir aux autorités un certificat émis par un laboratoire indépendant et reconnu portant sur le calibrage des caméras et des équipements informatiques installés. Ensuite, la police, qui a été restituée dans ses droits en matière de contraventions contre des excès de vitesse aux dépens de ProGuard Ltd., fait preuve d’inflexibilité quant aux garanties nécessaires avant d’assurer le relais de cet « héritage empoisonné légué par le ministère des Infrastructures publiques. »
Le transfert du contrôle des Speed Cameras de ProGuard Ltd. à la police, annoncé par le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques, s’avère plus compliqué que prévu. Jusqu’à la publication du prochain communiqué de la police au sujet des radars sur les routes, les conducteurs ne devront nullement être stressés par les flashes en bordure de route.
Toujours dans le domaine de la sécurité routière, des experts de Belgique viennent former des formateurs de chauffeurs de poids lourds. À partir de demain, quatre professionnels en la matière seront affectés au Mauritius Institute of Training and Development (MITD). Durant leur séjour à Maurice, ils auront pour mission d’améliorer le niveau de conduite de poids lourds et d’autres véhicules de transport en commun. Ces cours concerneront les formateurs du Professional Drivers Training Centre du MITD.
Par ailleurs, le gouvernement a pris l’initiative de revoir les critères et les conditions pour l’octroi des permis de conduire, en l’occurrence les « higher minimum age limits » pour les chauffeurs professionnels de poids lourds et de véhicules dans le transport en commun. L’expertise de l’Union européenne a été sollicitée et un consultant européen fera le déplacement en août.
Les attributions de cet expert sont de revoir les lois et règlements existants par rapport au medical fitness des chauffeurs et de soumettre des recommandations pour des « new medical fitness evaluation procedures for the issue of driving licences ».