Après une baisse conséquente dans le nombre de voitures flashées en 2015 et une timide remontée en 2016, il semblerait, selon des statistiques compilées au ministère des Infrastructures publiques et de la police, que les excès de vitesse enregistrés par des speed cameras en 2017 ont considérablement augmenté depuis le début de l’année. Plus de 61,5% d’automobilistes de plus se sont fait épingler par les 56 speed cameras à travers l’île. Ainsi, selon les premières indications, celles de Valton, réactivées il y a plusieurs semaines, et celle, nouvellement installée à la rue de l’Intendance, à Port-Louis, sont les plus efficaces pour les caisses de l’État, puisque tout démontre que les Mauriciens en font peu de cas et que les caméras ne sont guère dissuasives pour eux.
Selon les dernières statistiques obtenues auprès de la Photograpghic Enforcement Unit, les chiffres des trois premiers mois de 2017 montrent une augmentation de 6 389 infractions de vitesse excessive par rapport à la même période de 2016. Ce qui correspond à une augmentation conséquente de 61,5% par rapport à l’an dernier. Ainsi, contre ?10 366 contraventions dressées entre janvier et mars 2016, les autorités ont enregistré, pour la même période cette année, 16 755 infractions à la vitesse. Si cette tendance se poursuit, et en se fondant sur les chiffres des trois premiers mois, le chiffre total des contraventions enregistrées par les caméras qui avaient peu augmenté en 2016 avec 45 366 occurrences (+15%), pourraient prendre l’ascenseur.
Pour rappel, une baisse de 60 % du nombre de contraventions pour excès de vitesse avait été enregistrée entre 2014 et 2015 passant de 96 872 à ?39 395. Il faut rappeler que cette baisse significative fut le résultat de la désactivation des speed cameras pendant plusieurs mois suite aux promesses électorales de l’Alliance Lepep qui considérait que les cameras étaient trop axées sur la punition monétaire et judiciaire, et qu’en conséquence, il allait proposer une autre politique plus éducative et humaine, mais tout aussi dissuasive.
Ce nouveau concept nommé « Cumulative Road Trafic Offence points » qui remplaçait le permis à points était accompagné d’informations sur l’emplacement des speed cameras, visibles de loin avec du jaune fluorescent et des marques de distance (les bandes blanches) sur les routes en amont des radars. Les premiers résultats tangibles semblent démontrer que cette politique ?« plus humaine » qui avait donné des résultats encourageants n’a pas calmé les velléités de vitesse et du non-respect des règles de nos concitoyens qui continuent à appuyer sans crainte sur l’accélérateur. Peut-être pensent-ils pouvoir, comme par le passé, « faire casse contravention la ».
L’autoroute M1, plus propice ?à la vitesse
Une étude géographique des contraventions enregistrées indique qu’en 2016 c’est à Nalletamby/Phoenix que le plus grand nombre de voitures ont été flashées avec 5630 contraventions. Puis suivent dans l’ordre, Sorèze (4190), Bassin Road (3869), Pailles (2716), Beaux-Songes (2335). Sur ces premiers radars les plus sollicités, trois concernent des limites de vitesse à 60 km/h. Les deux autres points noirs en la matière sont à 80 km/h, mais ils sont placés sur l’autoroute M1, plus propice à la vitesse. Sur les 53 caméras opérationnelles en 2016, ce sont surtout celles placées en milieu urbain qui flashent le plus, alors que celles des régions rurales le sont moins. C’est le volume de trafic, moins élevé en région rurale, qui expliquerait cette différence.??
Une analyse locale de la performance des speed cameras pour les trois premiers mois de l’année montrent que, de janvier à mars, ce sont surtout les trois nouvelles cameras qui font feu de tout bois. Celles réactivées de Valton et la toute dernière mise en opération en février dernier, celle de la rue de l’Intendance, dépassent au hit-parade les radars de Bassin Road, Beaux-Songes, Pailles et Sorèze qui demeurent des hot spots incontournables. On note aussi le retour au premier plan des caméras de Pellegrin, réactivées il y a quelques mois seulement.
Autre fait marquant, concernant les spots de Valton1 et de la rue de l’Intendance : les limites de vitesse sont de 50 et 40 km/heure. D’aucuns diront aussi que le peu d’informations et le manque de visibilité de ces speeds cameras sont responsables de cette envolée qui fait exploser toutes les statistiques.
Average Speed Zone Camera ?System
Les autorités sont évidemment inquiètes par cette remontée des excès de vitesse et du manque d’effet dissuasif des nouvelles mesures qui se voulaient moins piégeant et plus humaines. Le nombre d’accidents mortels, qui ne baisse non plus, ne plaide pas en faveur du gouvernement.
Selon des spécialistes, le nombre d’automobilistes flashés relève du fait que certains chauffards sont nettement moins vigilants, car ils considèrent que le Cumulative Road Traffic offense Points est moins contraignant que le permis à points. Ils ne réalisent pas que s’ils commettent six infractions sur les 11 considérées comme graves  par cette nouvelle loi sur une période de deux ans, leur permis leur sera enlevé pour six mois et qu’ils devront se soumettre à de nouveaux examens pour les récupérer. Le nombre de touristes qui ne respectent pas les limitations est aussi en hausse, ce qui devrait nécessiter une meilleure sensibilisation à leur intention.
L’autre point qui est actuellement analysé par les spécialistes concerne le comportement des automobilistes qui ont une tendance à ralentir à l’approche des radars et accélérer dès que ces zones sont franchies. L’objectif du ministère à cet effet : revoir le concept et l’utilité des speed cameras. Le ministère des Infrastructures publiques préconise pour bientôt l’introduction de l’Average Speed Zone Camera System après un audit, toujours attendu.
Notons pour finir que plus de 60 % de ces contraventions sont payés dans les temps et que le reste est envoyé pour une décision de justice.