Le Trust Fund for Excellence in Sports (TFES) a organisé, hier à la Vallée de Ferney, sa cérémonie de récompenses aux athlètes faisant partie de ses structures de sport-études, suivie par un déjeuner. A l’issue de cette cérémonie, une quinzaine d’athlètes (deux Rodriguais étaient aussi présents) ont reçu des chèques en argent, dont la lauréate Elodie Poo Choeng. La nageuse succède ainsi à la lanceuse (javelot) Jessika Rosun et a obtenu un chèque de Rs 60 000. Quant à Jessika Rosun, elle a également reçu un chèque spécial pour avoir brillamment obtenu son Bachelor in Education après sa quatrième année à l’université de Maurice, financé par le TFES. Dans son allocution, Michael Glover, chief executive du TFES, n’a pas manqué de rappeler l’importance des facilités offertes par le trust pour permettre aux jeunes de briller, non seulement en sport, mais aussi sur le plan académique.
La nageuse Elodie Poo Cheong aura été l’une des nombreux athlètes bénéficiaires d’une bourse du TFES a avoir brillé au cours des récents examens du School Certificate et au Higher School Certificate. Grâce à ses performances réalisées en piscine et en classe, le TFES a entrepris des démarches auprès des universités américaines, afin qu’Elodie Poo Cheong puisse poursuivre ses études et continuer à pratiquer la natation. « Le trust a fait une demande auprès des universités et à travers Ron Davis (Ndlr : ancien entraîneur d’athlétisme basé à Maurice dans les années 80) et Ricky Wai Choon, qui sont aux Etats-Unis, des contacts ont été établis », a expliqué Michael Glover.
30 000 US dollars de l’université Azusa
Deux universités en Californie ont répondu, notamment Ucla, basé à Los Angeles, qui a offert une bourse de 10 000 US dollars et Azusa, une université se trouvant à 20 minutes de Los Angeles, qui a, elle, offert une bourse de 30 000 US dollars.  « Ces bourses ont été offerts uniquement d’après les performances d’Elodie. Elle voulait poursuivre ses études et la natation et le trust a fait le nécessaire pour lui permettre de faire les deux », a-t-il fait remarquer. Avec cette bourse d’Azusa, Elodie Poo Cheong entamera à partir de fin août un Bachelor in Finance de quatre ans. Pour Michael Glover, les parents de la nageuse se voient allégés avec cette bourse sport-études d’autant que la première année d’études tourne dans les Rs 1.4M.
De plus, le TFES complétera le budget manquant à travers une bourse d’excellence. « A travers cette bourse, le TFES démontre à quel point le sport et les études sont importants. C’est une motivation supplémentaire et j’espère que cela motivera d’autres jeunes », a déclaré Michael Glover. Il convient de souligner qu’Elodie Poo Cheong est la première bénéficiaire du TFES à bénéficier d’une bourse pour étudier à l’étranger. Car jusqu’ici le TFES a accompagné les athlètes au niveau local. Il convient aussi de souligner que beaucoup d’athlètes ont profité des bourses de sport-études dans les années 80 alors que Michael Glover était ministre des Sports. Ces bourses ont été ensuite malheureusement coupées en 1995 après le départ de Michael Glover.
Ce dernier a indiqué que le ministre de la Jeunesse et des Sports, Yogida Sawmynaden, présent hier à Ferney, a félicité le TFES pour l’excellent travail effectué par cette institution. Il a ainsi annoncé que son MJS essayera, l’année prochaine, de mettre en place quatre classes de sport-études à travers le pays, à l’image du collège St Esprit à Quatre Bornes. En parlant du collège St Esprit justement, le recteur Jacques Malié, a, dans un témoignage, hier, parlé sur le partenariat qui lie le collège et le TFES depuis quelques années déjà. Il a ainsi indiqué avoir été étroitement associé à tout ce qui touche à la formation des sportifs et leur développement académique et cela depuis 1989-90, notamment avec la création du Centre National de Formation de Football. « J’ai eu la chance de présider le CNFF pendant plus de 10 ans et déjà nous nous soucions du parcours académique de nos jeunes pousses… en leur prodiguant quelques leçons particulières, action de loin insuffisante. »
Le St Esprit : une culture sportive bien ancrée
Par la suite, a-t-il souligné, avec la création du TFES, il a eu l’occasion d’apporter son pierre à l’édifice de ce qu’il qualifie d’ambitieux projet, notamment en servant de courroie de transmission entre le TFES et les établissements scolaires.  « Je ne citerai que le Memorandum of Understanding entre le TFES et le BEC et l’ouverture des écoles de notre secteur pour l’accueil de ces jeunes sportifs, tout en privilégiant l’académique. Le  Collège du Saint Esprit a tout de suite embrassé ce projet.
Pourquoi ? Nous avons au Collège une culture sportive bien ancrée qu’il est de notre devoir de  pérenniser. De plus, nous avons, au niveau secondaire toujours été un vivier sportif pour le sport national, et nous avons  toujours été associés au sport d’élite. Il fallait aussi combler le vide laissé par la MSSSA », a-t-il dit.
Bryan Tonta, Bryan Untah et Steeven Untah…
Après avoir placé, dans un premier temps, les bénéficiaires dans différentes classes, les jeunes sont désormais regroupés dans une même classe. Pour Jacques Malié, ces sportifs représentent dignement le collège et grâce á leur participation et leurs performances. « A titre d’exemple, qui aurait cru qu’un jour le collège serait Champion d’Afrique Scolaire en Badminton et cela pour 3 années consécutives en éliminant des nations  aussi huppées que le Sud Afrique, la Zambie, l’Ouganda et j’en passe ? » Jacques Malié a aussi profité pour citer les trois médaillés du collège aux récents championnats d’Afrique cadets, tenus la semaine dernière, à Maurice, à savoir Bryan Tonta (médaille d’or en octathlon), Bryan Untah (médaille d’argent en octathlon) et Steeven Untah (médaillé de bronze au 110 m haies).
Pour conclure, Jacques Malié a indiqué que, pour lui, le modèle
même de la réussite de ce projet sport-études demeure Bryan Etienne, champion de Judo qui s’est joint au St Esprit en Form 5 et qui a décroché 5A dont 2A+, aux examens de la HSC.  « Il est maintenant à l’Université de Maurice et est toujours très performant au Judo. Et puisqu’il faut parler de palmarès académique, pour la 1ère cuvée du TFES aux examens de la School Certificate un groupe assez hétéroclite 2014, sachez que sur 12 candidats qui se sont présentés 9 ont réussi c’est-à-dire un pourcentage de 75%.
Est-ce à dire que tout est pour le mieux ?  Certes non je souhaiterais que nous puissions apporter quelques améliorations dans certains domaines.»
Pour conclure, Jacques Malié a ajouté qu’il est important d’inculquer aux jeunes des valeurs essentielles,  moins de « vedettariat » pour certains et plus de respect pour l’institution scolaire qui les accueille. Il a aussi souhaité une meilleure reconnaissance du travail accompli par le TFES et les institutions scolaires par les fédérations, une planification adéquate d’un  choix de carrière pour les stagiaires tout en privilégiant la pratique sportive au niveau national. « Je conclurai en vous disant que ce projet a été pour nous une véritable révolution au collège, qu’il a été ce que j’appellerai un véritable mariage entre le sport et les études, bref,  « a mutually enriching experience » auquel nous continuerons à adhérer pour le plus grand bonheur de ceux qui nous sont confiés. »