Il possède sans doute la force tranquille de son père, Henley, et la douceur de sa mère, Laure, mais dans son embarcation, Terence Saramandif devient un guerrier gagné par une remarquable envie de vaincre. Lauréat aux Jeux d’Afrique de la Jeunesse en Algérie et de surcroît médaillé d’or aux Jeux Olympiques de la Jeunesse à Buenos Aires en slalom l’espace de deux mois, le spécialiste du canoë-kayak a réalisé un exploit sans précédent dans les annales du sport mauricien. Ce qui fait de lui un choix automatique pour l’attribution du titre honorifique de sportif de l’année 2018 du Mauricien.

Que de paradoxes. Voilà un sportif qui fait la fierté de l’île natale de son père, alors qu’il réside à des milliers de kilomètres, soit à Montbazon en France. Qui plus est, il excelle dans une discipline méconnue et pas pratiquée à Maurice. Pourtant, Terence Saramandif, du haut de ses seize ans, est toujours demeuré attaché à cette île dont il foulera le sol demain matin pour une semaine de vacances. « Je suis réellement heureux de pouvoir retourner à Maurice, même si ce ne sera que pour une semaine. Je vais pouvoir profiter, me détendre et aussi discuter avec le gouvernement pour la suite de l’aventure du canoë-kayak à Maurice », nous a-t-il déclaré en début de semaine. Cet attachement est encore plus prononcé quand on prend en considération le fait que son gri-gri se trouve être un dodo.

Pourtant, Terence Saramandif ne compte pas s’endormir sur ses lauriers. Lui dont la carrière sportive a débuté en judo à Veigné et qui a été subjugué par la suite de voir à l’œuvre les pratiquants de canoë-kayak. « Cela m’a plu, même si c’était dur au début, du fait qu’il fallait être fort psychologiquement et physiquement. Toutefois, j’ai travaillé dur », souligne-t-il. Sous la férule de Kilian Foulon, il s’est donc évertué à vivre sa nouvelle passion à fond. Tout en mettant autant d’enthousiasme dans son parcours scolaire, lui qui étudie en première scientifique au Lycée Grammont.

« J’ai la chance de pouvoir bénéficier d’horaires aménagés pour concilier études et sports avec un assez bon confort. Même à l’issue de déplacements pour des compétitions, je récupère assez vite pour ne pas être en retard sur mon programme scolaire. Si je continue à suivre le rythme, je n’aurai pas trop de mal en Terminale l’année prochaine », fait-il ressortir.

Cette saison 2018 aura donc permis à Terence Saramnadif de se retrouver sous le feu des projecteurs. Déjà sur le canal olympique de Catalunya à Barcelone (Espagne), il avait haussé les enchères en obtenant la troisième place en slalom. Le visa pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse était ainsi décroché. S’il a pu repousser le challenge de ses adversaires au cours des Jeux d’Afrique de la Jeunesse, il a justifié par la suite tous les espoirs portés en lui lors de l’épreuve olympique. Premier à l’issue des qualifications, il disposera tour à tour d’un Kazakh en quarts de finale, de l’Espagnol Yoel Beccera en demi-finales et du Néo-Zélandais Finn Anderson en finale. Cette médaille historique pour l’île Maurice, il la considère comme « une réussite personnelle lors d’une superbe année remplie en émotion. » Avant d’enchaîner : « Cela me permettra de financer ma saison 2019, et me motive à toujours donner le meilleur de moi dans tout ce que j’entreprends. »

Si un des objectifs de Terence Saramandif est d’aider au développement du canoë-kayak à Maurice, il n’en demeure pas moins qu’il vise une qualification pour les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020, lui qui figure parmi les jeunes talents identifiés en vue de cette échéance. Pourra-t-il bénéficier du soutien de l’État mauricien dans cette démarche ? Quoi qu’il en soit, la persévérance, la vigueur et la motivation devront être autant d’atouts qui lui permettront de croire en des lendemains encore meilleurs. L’épreuve de qualification en vue du rendez-vous de Tokyo prévue en septembre de l’année prochaine étant déjà une de vérité.


Arrivée à Maurice demain matin

Terence Saramandif, accompagné de ses parents, est attendu à Maurice demain matin. Il sera accueilli à l’aéroport de Plaisance par les principaux dirigeants du Comité olympique mauricien (COM). Le lendemain, le médaillé d’or olympique effectuera une démonstration à Port Chambly, avant de tenir une conférence de presse aux côtés de son père et des dirigeants du COM. L’autre fait marquant de son séjour sera la remise de son chèque de Rs 810 000 par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, mardi après-midi à l’hôtel Le Labourdonnais à Port-Louis. Cette récompense fait suite à ses médailles d’or obtenues aux Jeux d’Afrique de la Jeunesse et aux Jeux Olympiques de la Jeunesse.

Solide concurrence pour les World Paddle Awards

Serait-ce la cerise sur le gâteau pour Terence Saramandif avec une éventuelle consécration aux World Paddle Awards chez les juniors lors d’une cérémonie prévue en Angleterre en février de l’année prochaine ? Nominé pour cet événement, il fera tout de même face à une solide opposition, notamment celle de la tenante du titre, la Tchèque Barbora Dimovova, championne du monde juniors et vainqueur de la Coupe du Monde en eaux vives. Les autres postulants sont le Français Tom Dollé, champion du monde freestyle, le Danois Thorbjorn Rask, champion du monde juniors en KI et K2, la Canadienne Sophia Jensen, championne du monde juniors en C1 200 m et 500 m, et en C2 500 m, la Britannique Ottilie Robinson Shaw, vainqueur de la Coupe du Monde et champion d’Europe freestyle K1, la Slovène Eva Alina Hocevar, championne du monde juniors en canoë slalom, la Française Doriane Delassus, médaillée d’or aux Jeux Olympiques de la Jeunesse en slalom, et la Hongroise Benedek Kos, championne du monde en canoë sprint.