Avec un titre de champion du monde juniors acquis en septembre dernier en Italie, Warren Robertson, 18 ans, pouvait difficilement faire mieux durant la saison 2018. Après Fabrice Bauluck ou encore James Agathe qui nous ont éblouis ces dernières années, le successeur de ses deux tireurs est désigné en la personne de ce natif de Résidence Barkly.

Après avoir été sacré lors de la Coupe du Monde de kick-boxing en juin en Hongrie, Warren Robertson a remis ça, cette fois aux championnats du monde, et devient le seul tireur africain à décrocher une médaille au cours de ce tournoi. Warren Robertson n’a toutefois pas eu la compétition facile. « Certes, j’ai disputé la médaille contre un Turc, Fevri Kurt, mais “ma finale” a été contre le Russe Rovshan Zakirov. Je ne sous-estime aucun de mes adversaires, mais ma demi-finale a été plus compliquée », fait ressortir notre sportif n°3 de l’année.

Après le déclic en juin lors de la Coupe du Monde, Warren Robertson était logiquement attendu lors des Mondiaux. « Arrivé en Italie, j’avais besoin de confirmer ma bonne performance de Hongrie. La pression était là, mais à l’entraînement, nous savons comment la gérer. Je n’étais plus ce rookie et j’avais pris conscience d’avoir franchi un autre palier », souligne-t-il.

Devenir n°1

Du haut de ses 18 ans, le jeune tireur n’a pas eu un parcours facile. Et il ne s’attendait pas à devenir champion du monde. « Tout petit, à 7ans à peine, j’avais touché à cette discipline, car j’avais vu à plusieurs reprises des combats, mais le centre à Camp Levieux avait fermé ses portes au bout d’un mois. J’avais un surplus de poids, et même si je pratiquais le football ou l’athlétisme, je n’arrivais pas à maigrir comme je le souhaitais. C’est alors qu’un voisin m’a conseillé le kick-boxing. Par la suite, Judex Jeannot m’a repéré et depuis, j’essaye de gravir les échelons », nous dit le champion du monde.

Warren Robertson a su écouter les précieux conseils de son entraîneur, un faiseur de champions. « 12 ans. C’est le temps qu’a duré la dernière médaille acquise par un Mauricien. Ce n’est toujours pas évident pour qu’un jeune puisse s’aligner dans une telle compétition. Il a fait les sacrifices nécessaires pour atteindre un tel niveau. Je ne veux pas me prononcer, car je ne sais pas ce que l’avenir lui réserve. On ne veut pas brûler les étapes », déclare Judex Jeannot.

Il est soutenu par le multiple champion du monde de kick-boxing Fabrice Bauluck, qui avance : « Warren représente l’avenir du kick à Maurice. Ce n’est pas une obligation de l’aider, mais c’est ma responsabilité en tant qu’aîné. Lorsqu’il a été sacré, je lui ai dit qu’être champion du monde n’est qu’une étape et que c’est là que sa carrière professionnelle débute. Cette discipline doit devenir le centre de sa vie et il sera amené à faire des choix cruciaux. J’espère simplement qu’il décrochera d’autres titres pour le quadricolore, tout en faisant toujours preuve de l’humilité qu’il a aujourd’hui. »

En 2019, Warren Robertson piaffe d’impatience de disputer une finale lors d’une compétition, pas contre n’importe qui, mais face à Fabrice Bauluck, qu’il surnomme « grand frère ». « Je serai face aux mêmes adversaires que Fabrice étant donné que j’évoluerai dans la catégorie seniors. Je prendrai le temps qu’il faut, mais mon souhait est d’atteindre une finale où je serai opposé à Fabrice. Ce sera avant tout une immense fierté pour moi de combattre mon idole », conclut le jeune tireur.