Le groupe d’opposants au Comité olympique Maurice (COM) mené par Jean-Michel Giraud n’a pas tardé à réagir suivant la promulgation du texte de loi mardi dernier. Jean-Michel Giraud réclamé « avec force, la tenue de l’assemblé générale élective du COM dans les meilleurs délais et le plus important que le COM et le MJS travaille ensemble pour qu’il n’y ait plus de conflit », a-t-il déclaré hier matin à la presse qu’il avait réunie au siège de l’UBP Ltd, Trianon.
« J’ai demandé aux représentants de certaines fédérations de venir nous rejoindre pour parler du Sports Bill. Maintenant qu’il a été voté, on ne va pas faire de commentaires de manière générale. Mais on y a noté le côté positif, soit la volonté des autorités de se battre contre les clubs et fédérations fictifs », dira-t-il d’emblée.
Il a rappelé que c’est à cause de ce problème que l’assemblée générale du COM avait été renvoyée. « Le Sports Act a le mérite de faire de sorte que le MJS exerce son pouvoir à ne pas reconnaître, à l’instar de ce qui se fait dans les grandes nations sportives telles la France, les fédérations qui n’ont pas d’activités réelles, comme demandé dans la charte olympique. De ce côté-là, le Sports Bill nous rassure. Nous avons eu d’autres discussions avec le MJS sur d’autres points, mais d’autres petits éléments sont à voir par la suite. Mais le plus important est que le COM et le MJS travaillent ensemble et c’est indispensable. Il est prévu dans la charte olympique que les élections des comités nationaux olympiques se tiennent six mois après les Jeux Olympiques. Mais cela fait quatorze mois qu’elles n’ont pas été faites. De plus, le COM n’a pas tenu son assemblée annuelle pour présenter le bilan de ses activités et surtout financier, ce qui va à l’encontre de ses propores statuts», a-t-il commenté.
Jean-Michel Giraud était entouré de quelques représentants des fédérations qui l’avaient rejoint cette année dans ses revendications. Il les a aussi invités à se prononcer sur le Sports Act 2014. Ainsi, Mario Hung Wai Wing (taekwondo) a lui aussi réclamé « l’organisation des élections au COM le plus vite possible. » S’agissant des clubs qu’il qualifie de fictifs, il s’est demandé où « va-t-on mettre en place le canoé-kayak? Pour le pentathlon moderne, il faudra l’autorisation de la police pour le port d’armes. Où compte-t-on pratiquer l’aviron? »
De son côté, Alain St Louis (triathlon), a déploré la tentative du COM de faire entrer des fédérations fictives pour gagner les élections. D’où sa décision de porter l’affaire en cour.« Le verdict rendu par la cour veut tout dire. Si la démarche du COM était genuine, pourquoi n’avait-il pas approché avant, les multi sports clubs existants pour leur demander de commencer à pratiquer ces sports? Personne ne l’aurait alors contesté à la veille des élections. Le COM a alors trouvé qu’il y avait l’ingérence du MJS. Mais c’est bien à cause de notre contestation en cour que les élections avaient été repoussées. Je crois qu’elles ne sont jamais gagnées d’avance. » Alain St Louis a aussi dénoncé le fait qu’« Elvis Bonne (handball), Koomaren Chetty (football), James Lee Fye (basket-ball), Lindsay Paul (judo) et Sanjay Goboodun (badminton) siègent toujours dans l’éxécutif du COM bien qu’ils ne soient plus membres de leur fédération. »
Adrien Wehrli (squash) s’est élevé contre le fait que le COM n’ait toujours pas présenté ses comptes audités dans le délai de trois mois après la clotûre de l’exercice financier qui remonte au 31 décembre 2012. « Au 31 mars 2013 jusqu’à ce jour, il n’y a toujours pas eu de comptes audités en circulation aux membres du COM. »
Lui succédant, Daniel Gérard (handball) a voulu dire que « la guerre qui se déroule au plus haut échelon du sport mauricien est très malsaine. » Il a invité les parties à travailler ensemble alors qu’il y a des événements plus importants qui se présenteront très bientôt. « Le MJS et le COM doivent travailler de concert pour le progrès du sport et du bien-être des sportifs. »
Quant à Patrick Bradshaw (rugby), il a trouvé que « ce qui se passe actuellement est qu’on en train de prendre les sportifs en otage, si le COM ne veut pas prendre de décision pour organiser les élections. Il faut que le COM et le MJS se mettent d’accord. »
Répondant ensuite à des questions de la presse sur ce qu’il pensait du Sports Act 2013, Jean-Michel Giraud, secrétaire-général de la Fédération mauricienne de tennis, a avoué qu’il avait « certaines réserves que nous avons mentionnées au MJS concernant les comités régionaux qui devraient durer quatre ans au lieu de deux ainsi que la peine de prison imposée que nous trouvons exagérer. Ce qui est important, c’est la volonté de se battre contre les fédérations et clubs fictifs. »
S’agissant du retour des clubs de football d’antan, il s’en est dit « absolument contre le retour des clubs à caractère communal, mais en faveur de la professionnalisation du sport mauricien. Mais il manque cependant les moyens financiers. Il faut qu’on accéde plus facilement au fond du CSR pour financer le sport et pas juste le football. En 1980 alors que j’étais parmi les meneurs de jeu de l’équipe de football du Dodo, j’avais moi-même demandé le retrait du club trouvant qu’on ne pouvait pas pratiquer le football sur une base communal. Nous l’avons fait en juin et devenu par la suite président de ce club, j’avais été le premier à présenter un plan pour la régionalisation du football. Aujourd’hui, je ne vais pas me renier. Mais il était indispensable qu’on fasse quelque chose pour le football. » Plus nuancé sur la question si les clubs et fédérations ne se retrouvent  sous le contrôle du MJS, Il est d’avis qu’il n’y ait « aucune fédération sportive qui soit d’accord que l’État nous dirige. »