Depuis une quinzaine de jour les fédérations de Jui-Jitsu Brésilien, RingBall et Kyokushinkai ne sont plus considérées comme des organisations nationales par le ministère de la Jeunesse et des Sports. A ce titre elles ne peuvent plus bénéficier des fonds du ministère pour leur déplacement à l’étranger. Quelques 10 mois après l’entrée en vigueur du Sports Act 2016, le ministère a décidé d’appliquer la section 4 (2) (a) du texte de loi envers les fédérations qui n’ont pas de reconnaissance internationale, soit avec le Comité International Olympique (CIO) ou SportAccord, qui est une instance qui donne des affiliations à des disciplines, nommément de combat dans le cadre de l’organisation de son World Games.
Si au niveau de la Fédération mauricienne de Kyokushinkai on prend les choses avec philosophie, selon Aslam Jeewa; la demande d’affiliation de sa Fédération Internationale avec SportAccord n’est qu’une question de temps. Par contre tel n’est pas le cas pour la Brazilian Jiu-Jitsu Federation (BJJF). En fait cette fédération se trouve dans un vrai dilemme. Tout laisse croire qu’une nouvelle reconnaissance de la part du MJS n’est pas pour demain. Car il est très peu probable que l’instance internationale avec laquelle est affiliée la MBJJF, Sport Jiu-Jitsu International Federation (SJJIF) obtienne une affiliation avec SportsAccord, puisque ce dernier a déjà comme membre la Fédération Internationale de Jui-Jitsu avec laquelle est déjà affiliée la Mauritius Jui-Jitsu Federation.
Mécontentement
Pour les dirigeants de la MBJJF, la décision du MJS est vécu comme un véritable drame. Après une campagne sur les réseaux sociaux, contre cette décision, ils ont organisé une conférence de presse jeudi dernier.  Didier Ameer, le vice-président, Sharonne Maulette responsable de communication et Rajesh Prayag ont fait part de leur mécontentement et disent que leur fédération est  pénalisée par le Sports Act 2016. Lors de ce point de presse ils ont expliqué que leur fédération fut reconnu  comme une «National Sports Federation» depuis 2014, avec le droit d’utiliser Maurice dans son appellation en 2015.
«Aujourd’hui nous sommes considérés comme une simple organisation par le ministère de la Jeunesse et des Sports. Ce qui fait que, nous ne pourrons plus défendre les couleurs mauriciennes dans les compétitions internationales, ni  bénéficier de toutes les facilités, surtout au niveau financier. Et qui plus est, que nous perdons notre affiliation avec la fédération internationale qui entame des démarches pour qu’elle soit enfin membre de l’IOC et du SportsAccord», ont-ils expliqué. Ce dernier  souligne qu’ils ne voient pas d’un bon oeil l’existence de cette clause de loi. Ils souhaitent retrouver ces reconnaissances pour fonctionner comme une fédération nationale et bénéficier de tous les droits prévus.
« Nous ne sommes pas une fédération fantôme. Nous travaillons et nous apportons des résultats. Nous avons fait flotter haut le pavillon national aux compétitions internationales depuis 2012. Cette section du Sports Act nous empêche de progresser. Elle a été amendée sans prendre en considération notre évolution et nos capacités. Il y a des athlètes qui s’entraînent durs et qui font preuve de sacrifice tous les jours pour représenter leur pays à l’étranger. Certains y vont par leur propre moyen en contractant des dettes. Imaginez un peu leur déception sachant qu’ils ne pourront plus faire leur preuve internationalement. Au final ce n’est pas du sport pour tous », exaspère Didier Ameer.
Manifestation de rue
Or, selon ce dernier, « la MBJJF a franchi la barre de 1000 licenciés, elle est présente dans 13 régions incluant Rodrigues et est fédérée par 26 clubs. Elle tient ses championnats régionaux et nationaux et compte plusieurs athlètes de haut niveau qui ont  fait flotter le drapeau national lors des compétitions internationales. Nous ne sommes pas une fédération fantôme. Nous avons fait beaucoup de progrès. Il ne faut pas nous punir si nous ne sommes pas une discipline olympique », fait-il ressortir.
Si le MJS ne règle pas cette situation, la fédération, soulignent les dirigeants de la MBJJF, prendra les taureaux par les cornes et descendra dans les rues avec ses licenciés pour une manifestation. Au niveau du ministère de la Jeunesse et des Sports, on explique à Week-End, que ces fédérations ne seront pas abandonnées pour autant. «Nous sommes disposés à les aider pour les activités nationales et aussi elles peuvent utiliser nos infrastructures», explique-t-on.