Il y a exactement un an, les squatters de Cité La Cure défrayaient la chronique. Leurs bicoques avaient été détruites par les policiers, sous les ordres de l’ex-ministre des Terres et du Logement, Abu Kasenally. Pendant un peu plus d’un mois, c’est à même le sol de la rue Marjolin, sous des tentes improvisées, qu’ils avaient trouvé refuge, en attendant la concrétisation des promesses faites par l’ancien gouvernement. Un an plus tard, retour à la case départ…
“Vini, mo montre zot mo lakaz”, lance Jessica. Il n’y a pourtant aucune maison à l’horizon. Sur la droite de la rue Marjolin, de vieilles bicoques en tôle, presque pourries, semblent inhabitables. À gauche, un paysage magnifique où se dresse une montagne imposante. Sur le bord de la route, il est difficile d’apercevoir leurs maisons.
Jessica, accompagnée de ses voisines Patricia et Anne, nous guide derrière les arbres et les mauvaises herbes. À chaque pas, ces femmes s’enfoncent dans la boue causée par les fortes averses de la semaine dernière. À vue d’oeil, un peu plus d’une dizaine de bicoques construites à partir de vieilles feuilles de tôle se dressent les unes à côté des autres. Entourées par de mauvaises herbes et des tas de déchets, elles abritent seize familles sans-papiers.